‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 36 sur 433 · ACTE 11, SCENE III. Sd · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE III. Sd

BOULANVILLE.

Eh! mais vraiment, cette fille serait ma cousine, ma cousine germaine. Avec des dispenses je pourrais répouser.

MADAME LÉONARD

Mais êtes-vous libre? On nous a parlé d'une femme...

BOULANVILLE.

D'une femme ! Je suis garçon.

Je le sais; mais n'avez -vous pas des engagements avec une veuve, une parente?

BOULANVILLE.

Je vois ce que vous voulez dire. Oui , une parente plus éloignée, qui jn'ainie, et îl la(|uolle je pourrai bien songer, si je ne trouve pas mieux. Bonne femme, sans doute; mais qu'elle est loin d'avoir les qualités que je voudrais trouver dans la personne que j'épouserai !

HENRIETTE

Et quelles sont les qualités que Monsieur désirerait rencontrer dans sa femme ?

BOULANVILLE.

Mademoiselle , si j'avais le bonheur de plaire à unf femme qui vous ressemblât....

HENRIETTE

Laissons les compliments.

BOULANVILLE.

Eh bien! mademoiselle, je voudrais d'abord.... une dot, une belle dot; c'est tout simple. J'ai par moimême une fort jolie fortune. En me mariant, je serais bien aise de m'arrondir. C'est ce que je trouverais avec ma cousine, si mon oncle s'est enrichi. Je ne se-

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rais pas fâché de rencontrer de la jeunesse , quelque beauté; or, ma cousine, si j'en ai une, doit encore être fort jeune; mais ce que j'exigerais sur-tout, c'est un bon caractère. Qu'est - ce qu il nous faut à nous autres qui restons dans nos terres? Une femme qui nous laisse vivre à notre fantaisie, et que nous laissions vivre à la sienne; la plus grande liberté, pas trop d'amouv, pas trop de jalousie; en un mot, une ménagère qui nous donne des enfants, pour ne pas laisser éteindre notre maison ; qui fasse les honneurs de ^Eotre table, quand nous recevons; qui veille sur nos gens, tandis que nous allons chasser on faire des visites dans les environs, et que nous soyons sûrs de trouver toujours de bonne humeur à notre retour.

HEIVRIETTE.

Il y a beaucoup de femmes qui ne trouveraient pas cette manière de vivre fort agréable,

DORICOUR.

Mais il y en a beaucoup d'autres qui s'en accommoderaient.

BODL AN VILLE.

N'est - ce pas? Or, comme j'espère que ma cousine est du nombre....

DORICOUR.

Au surplus, monsieur, je ne peux rien vous dire de positif sur ce sujet; mais nous y reviendrons.

BOUL AN VILLE

Oui , certainement , monsieur, nous y reviendrons; voub me donnerez des renseignements; j'en prendrai de mon côté; nous écrirons; mais je ne m'aperçois pas que je prolonge ma visite, et que je laisse passer l'heure de la j)éche. Croyez, monsieur, que je suis eU'

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