SCÈNE VI
VANGLAS, MONTGRAVIER, VILLENEUVE, Madame VANGLAS.
MADAME VANGLAS.
Ah! monsieur de Vanglas, cette jeune Clémence, la fille de votre ami Saint-Phar, est pleine de talents, d'esprit et de bonté. Je viens de l'installer dans ma bibliothèque, à mon clavecin. Plus je cause avec elle, plus je m'y intéresse , plus je crois voir qu'elle se prend d'amitié pour moi. Je l'ai laissée avec madame Montgravier {^bas à son mari)^ qui, je crois, en est jalouse.
MONïGRAviER, a part. Oui, qu'elle lise, qu'elle touche du clavecin.
MA.DAME VANGLAS.
Votre femme est bien heureuse , monsieur Montgravier, de loger chez elle cette aimable parente. Je lui porte envie.
MONTGRAVIER.
Eh ! mon Dieu ! madame , pour peu que cela vous fasse plaisir, elle viendra loger chez vous.
VILLENEUVE
Oui, madame, le père et la fiUe méritent tous les sentiments.... Adieu, Vanglas. {Ba<i.) Saint-Phar place en vous tout son espoir ; vous ne le tromperez pas. Je compte sur vous. {A madame Fanglas.) Madame, recevez mon hommage.
(// sort. Fanglas l'accompagne jiisqu au fond du théâtre. )
MONTGRAViER, Ci madame Vanglas.
Dites donc à notre bon Vanglas d'être un peu plus circonspect dans ses discours sur le ministre.
MADAME VANGLAS.
Comment ?
MONTGRAVIER.
Le ministre a grand tort, sans doute... Mais qu'est-ce que je fais? Et moi aussi, je me surprends à en dire du mal. i^A part.) Ah! grand Dieu! je m'effraie de moi-même. {^A Fanglas qui revient.) Je ne vous connais qu'un défaut, et c'est une vertu : vous prenez trop chaudement les intérêts de vos amis. Je vous salue de tout mon cœur.