SCÈNE XL
VANGLAS, LEBRUN, DURAND.
VANGLAS, appelant.
Holà! quelqu'un, Lebrun, Saint-Germain... Il faut pourtant prendre un parti. i^A Lebrun qui paraît.^) Faites venir monsieur Durand. {Apercevant Durand.) Le voilà. {A Lebrun.) Sortez.
DURAND
Monsieur a reçu un message du ministre; je viens savoir....
VANGLAS.
Allons, mettez -vous là. {A part.) Dans quelle
situation me suis-je placé? esclave d'un tyran, oui,
d'un tyran qui fait peser sur moi sa domination, étouffe
mes sentiments, sait mes secrets, et en abuse pour me
forcer.... {A Durand, qui est assis.) Ecrivez ce que je
' vais vous dicter. ( A part. ) Que vais-je dicter? [Par-
1 courant les papiers qu'il tient a la mai/i.^ Mais aussi
) quelle imprudence à Saint-Phar d'écrire de pareilles
I lettres! {Dictant. ) Le colonel Saint-Phar a disparu....
II Non , effacez ; c'est trop fort. Mettez s'est permis de |l quitter son poste.... (S' inter7'ompant.) C'est peut-être il un bonheur que je sois chargé du rapport ; je pourrai ] l'excuser, le sauver... oui, les juges , ses camarades, j l'absoudront; et moi, son ami, il faut que je l'accuse. I {Continuant a, dicter.) De quitter son poste sans congé.
{S' interrompante) Ah ! Saint-Phar ! vous , bon officier . 1 vous deviez pourtant bien savoir que la discipline.... I (Continuant de dicter.) C'est un crime.... non.... c'est
une faute.... non, le mot n'est pas suffisant. C'est un délit.... (S' interrompant.) Au fait, les lois militaires de tous les temps, de tous les pays, le signalent. Pauvre Saint -Phar! Mais il est impossible qu'ici, dans cette circonstance, on veuille pousser les choses.... En temps de paix.... la perte de sa place, un exil, dont je ne tarderai pas à le faire fevenir , voilà tout ce que Saint- Phar peut avoir à craindre.... (Continuant de dicter.) C'est un délit; les lois militaires sont positives....