SCÈNE I
DERVIÈRE, LEBRUN.
DERviÈRE, une lettre a la main.
Est-ce que vous ne me reconnaissez pas.? Dervière, celui que votre maître a reçu ce matin avec tant de cordialité , sans façon, tout en s'habillant. Je suis invite' à la fête de ce soir par madame de Vanglas. Je suis venu de bonne heure, avant tout le monde, parce qu'il faut absolument que j'aie un moment d'entretien avec monsieur de Vanglas.
LEBRUN
Cela ne se peut pas; monsieur travaille en ce moment avec son secrétaire.
DERVIÈRE.
Il travaille , il travaille ; c'est égal , annoncez-moi;... mais non , faites - moi le plaisir de lui remettre cette lettre : {a part) peut-être vaut-il mieux que je ne le voie qu'après qu'il aura lu la lettre. (Haut.) C'est de la comtesse Amélie.
LEBRUiy.
De la comtesse Amélie ! cette dame qui a tant de Tome rjL 32
crédit près du ministre? Et que ne le disiez-vous? Je vais la porter sur-le-champ. Donnez-vous donc la peine de vous asseoir. N'êtes-vous pas l'ami de monsieur? Je suis à vous dans Tinstant.
(// sort.)
DERVIÈRE, seul.
J'étais bien sûr qu'au seul nom de la comtesse... Désignez-moi quelque vacance , m'a dit ce matin Vanglas, et vous pouvez compter sur moi. Eh bien ! voici justement mon fait. Il y a un commandant qui va perdre sa place. Quel est-il ? Je n'en sais rien ; mais je suis là pour le remplacer. Nous allons voir si Vanglas est réellement mon ami. Quel bonheur que ce petit commis de la guerre m'ait appris la chose aujourd'hui! Demain, ce sera la nouvelle de tout Paris, et tous les concurrents seront en mouvement. Il est bon d'avoir des amis par - tout. Eh bien! jusqu'ici j'en ai eu beaucoup, et cela ne m'a mené à rien. Oh ! c'est que nos amis sont si souvent nos ennemis.