‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 396 sur 433 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DERVIÈRE, VANGLAS, DURAND.

VANGLAS, achevant de lire le rapport et tenant une lettre cachetée a la main. Il pose le irtpport sur la table. -

Allons , Saint-Phar est coupable et ne peut alléguer que des excuses. Certes, je les ferai valoir; mais.... il est coupable, j'ai dû commencer par remplir mon devoir. ( Remettant le rapport a Durand. ) Monsieur Durand, faites sur-le-champ une copie de ce rapport que je viens de vous dicter, et je le signerai. {Durand

sort.) Le ministre y met de l'animosité mais le

service du Roi.... et dans un moment oli l'on se permet tout.... Que me veut la comtesse? {Tout en décachetant la lettre^ Oh ! Dubois n'est pas précisément un homme de bien... mais c'est un homme d'état... trèscapable.... {Ayant parcouru la lettre.) Que vois-je? Saint-Phar n'est pas encore en jugement, et déjà l'on demande sa place ! Pour qui? Pour Dervière, son ami... comme moi... moins que moi; quelle odieuse manœuvre que celle de Dervière !

DERVIÈRE, a part.

Le voilà bien disposé , approchons. ( Haut , en s' avançant.) Pardon, si j'ose encore vous importuner.

VANGLAS.

Ah ! c'est vous , monsieur Dervière. Vous êtes toujours prompt à me prendre au mot. Je vous dis, ce matin , de m'indiquer les vacances qui surviendront et vous n'attendez pas même qu'il y ait vacance.

5oo LES ANCIENS AMIS.

DERVIÈRE.

Pardonnez-moi, il va y avoir vacance; je suis instruit, et d'ailleurs ce n'est pas moi, c'est la comtesse qui, par zèle pour moi....

Oui, l'on a comme cela des protecteurs indiscrets, des amis zélés, qui ont l'air de faire des demandes de leur propre mouvement , à l'insu même des personnes pour lesquelles elles s'intéressent.

DERVIÈRE.

Permettez...

VANGLAS.

Et tout en les excitant soi-même, on se conserve, on se ménage la ressource de dire qu'on est étranger à la démarche , qu'on ne demande rien.

DERVIÈRE.

Vous me traitez bien durement.

VANGLAS.

Ah! du moins, pour demander la dépouille de votre ami, attendez que son sort soit décidé.

^ DERVIÈRE.

Mon ami! Qui? Le commandant qui va perdre sa place est mon ami ?

VANGLAS.

Feignez d'ignorer que c'est Saint-Phar.

DERVIÈRE.

Saint-Phar! Ah! grand Dieu! Ce serait lui!.... Croyez.... si je l'avais su.... Je ne sais ce que j'aurais fait; mais sur mon ame, je l'ignorais.

VANGLAS.

Soit. Je répondrai à la comtesse.

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