ACTE IV, SCÈNE VIII
FRANCOEUR
Elle sait tout.
VILLENEUVE
Tant mieux. Ses questions nous auraient gênés.
CLÉMENCE
Moi, qui croyais que vous ne veniez à Paris que par bonté, par complaisance pour moi....
SAIJVT-PHAR.
Ne songeons qu'à remercier l'ami généreux qui veut bien m'accueillir. Vous ne m'avez pas trompé, Vanglas. Je comptais sur vous.
CLÉMENCE, serrant les mains de Villeneiwe et de Sanglas.
Que nous sommes heureux, dans notre malheur, a avoir des amis!....
MONTG R A V I ER , s' inclinant pour remercier. Ah! ma chère cousine, nous ne faisons que ce que
nous devons Est-il assez magnanime, notre bon
Vanglas? Quel homme! quelle tête! quel cœur ! J'en suis en extase
VILLENEUVE
Trêve aux vaines paroles. Francœur, empêche qu'on ne nous surprenne.
FRANCOEUR
Oui, je me place là, en vedette.
(// se retire au fond du théâtre.)
Et moi....
{Elle se retire au fond du théâtre, du cSté opposé a Francœur, veille sur les portes, les entr'owre de temps en temps pour voir si personne ne vient, revient quelquefois a son père, écoute l'entretien, puis retourne au fond. )
5o8 LES ANCIENS AMIS.
VILLENEUVE
Le petit appartement dont vous nous parliez tantôt est-il prêt?
VA lY G LAS, toujours troubU.
Oui, il est prêt, et même Saint-Phar y trouvera des livres, du papier, de l'encre, de la lumière....
VILLENEUVE
Bon! il pourra travailler sur-le-champ à son mé-j moire justificatif.
SAINT-PHAR
J'ai là, dans mon porte -feuille, vingt pièces quîj m'excusent, qui m'honorent, j'ose le dire.
VANGLAS.
Ah! si vous pouviez vous justifier !..,. {A part ^ Mais que dis-je? on veut le perdre.
VILLENEUVE
Vous allez l'installer dans son asyle. Pour qu'il n< soit pas privé de la vue de sa fille , elle logera chez vous. Madame Vanglas, tantôt devant moi, a témoi.-j gné tant d'amitié à cette jeune personne.... J'ai pensé qu'elle vous saurait gré de l'arrangement. Si vous croyez qu'il soit inutile de mettre votre femme dans la confidence....
Mais oui, très-inutile.
VILLENEUVE
Nous lui dirons que Saint-Phar a été obligé de partii brusquement pour un voyage ; que , pour des raisons de famille , il ne faut donner à sa fille que le nom df Clémence; cela déroutera les curieux. Francœur, vieuj serviteur de Saint-Phar, restera près de sa jeune maîtresse , et de cette façon pourra servir son maître se-