‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 42 sur 433 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

DORICOUR, HENRIETTE, Madamk LÉONARD,

Or rà, monsieur Raymond, car vous vous nommez Raymond, n'est-ce pas?

RAY3IOND.

Vous en doutez !

DORICOUR.

Qui vous dit que j'en doute ? Eh bien ! monsieur Raymond, j'entends que vous n'ayez rien de caché pour moi , et que vous me fassiez un aveu naïf de ce qui se passe dans votre aine.

RAYMOND

Qui? moi. Monsieur? que je vous avoue.,..

MADAME LÉOISARD.

Eh! oui, parlez franchement.

RAYMOND

Eh bien ! Monsieur , je n'ai pu voir mademoiselle votre fille sans éprouver un sentiment....

DORICOUR.

Vous l'aimez? Le beau secret, je l'avais deviné. Est-ce là tout?

RAYMOND

Que pourrais-je ajouter?

DORICOUR.

N'êtes-vous pas jaloux de vous faire aimer pour vousmême, et non à cause des avantages que pourraient 7'ûme Vil. 5

t](\ M. DE bOUL.lNVlLLE.

vous donner certaines considérations de famille ou de ioi tiuie ? ^

MADAME LÉONARD

Allons, répondez.

RAYMOND

Oui, certainement, Monsieur, c'est pour moi-même que je voudrais être aimé : jamais je n'ai pensé à tirer vanité de ma fortune ou de mon nom.

MADAME LÉONARD

Il l'avoue.

DORICOLR.

Il l'avoue. Or, vous savez à qui, pour obéir aux dernières volontés d'un ami, j'ai pris le dessein de donner mon Henriette.

RAYMOND

Hélas! oui. Monsieur, je ne le sais que trop !

MADAME LÉONARD

Il était instruit.

DORICOUR.

Il était instruit. Eh bien ! mon cher , je ne vous dirai pas précisément que ma fdle vous aime; mais au moins puis-je vous avouer qu'elle n'aurait aucune répugnance à vous épouser. Vous la donrierai-je ? Ne vous la donnerai-] e pas? C'est ce que vous saurez, quand vous aurez achevé de me parler avec franchise.

Pourquoi dissimuler?

RAYMOND

Eh! mais. Monsieur, je ne conçois pas... je vous l'ai dit : j'aime mademoiselle votre fille ; et sachant que vous la destinez à un autre....

Page 1