‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 48 sur 433 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

DORICOUR, LÉONARD, Madame LEONARD.

MADAME LÉONARD

Il a raison ; c'est moi seule qui suis coupable.

DORICOUR.

Je le sais; c'est vous...

LÉONARD, en entrant.

Hé bien! monsieur, êtes-vous toujours enchanté?

* DORICOUR.

Ah ! te voilà , maître Léonard ; viens-tu seconder la fourberie de ta femme? Il est trop tard, mon cher ami. C'est à présent que tout est découvert. LÉONARD, à sa femme.

Là , quand je te le disais.

DORICOUR.

Prétendrais-tu me faire croire que tu n'étais pour rien dans le complot ? A d'autres ; je te connais de longue date.

74 M. DE BOULANVILLE.

iMADAME LÉONARD.

Monsieur, n'accusez pas mon mari; il n'était pas mon complice : c'est un honnête homme.

LÉONARD

Sur mon ame , monsieur , je le savais ; mais je n'y trempais pas.

DO RI COUR

Vraiment! En ce cas, je te plains d'avoir une femme aussi peu scrupuleuse.

LÉONARD

Monsieur, n'accusez pas madame Léonard*; c'est une lionnête femme , et je n'ai point à redouter qu'elle me rende jamais.... un homme à plaindre.

DORICOUR.

A merveille! tu prends le parti de ta femme;... le mien....

LÉOWA RD.

Oui, monsieur, en homme modéré, je blâme toura-tour les exagérations des deux parts, votre obstination, son étourderie.

DORICOUR.

Mon obstination !

MADAME LÉONARD

Mon étourderie!

LÉONARD

Et comme il ne manque jamais d'arriver, je m'attire les inimitiés de tous les partis.

MADAME LÉONARD

He, monsieur, est-ce ma faute si au premier mot que je vous dis vous allez vous persuader que monsieur ; Raymond de (^ourval se nomme Raymond de Boulan- f ville ? Est-ce ma faute si ce jeune honnne est aimable ,

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