‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 59 sur 433 · ACTE m, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE I

dans le monde aient deux, trois, quatre réputations, sans que souvent il y en ait une seule qui soit méritée î Étonnez - vous d'entendre dire à - la - fois du même homme : Quel aigle! Quel oison! C'est un cœur d'or! C'est une ame de boue! Certes, il est de belles et de vilaines actions, de bons et de méchants ouvrages, des hommes de mérite et des sots , sur lesquels la grande majorité s'accorde. Mais encore, le bien trouve des frondeurs, le mal trouve des flatteurs. Après cela, fiez-vous aux réputations! Nous ne sommes justes que pour les morts, et encore.... Où voulais-je en venir? J'y suis. Oui , monsieur, pour l'acquit de ma conscience, je dois vous dire que vous seriez coupable de refuser votre fille au jeune homme qu'elle aime, et dont elle est aimée, pour la donner.... Et gardez-vous d'imputer mes avis à l'intérêt personnel ; si je ne songeais qu'à moi, loin de vous contrarier, j'abonderais dans votre sens.... Sur- tout, monsieur, n'allez pas au Cheval-Noir ; car , j'en parle sans passion , mon confrère l'aubergiste est un arabe , un intrigant et un mauvais cuisinier.

DORICOUR.

Tu en parles sans passion, et tu l'accables d'injures!

HENRIETTE

Mon père , serais-je heureuse avec monsieur de Boulanville ?

LÉONARD

Non, mademoiselle, vous ne seriez pas heureuse. Monsieur Raymond est-il l'auteur de la ruse? N'est-ce pas ma femme qui a voulu vous tromper ? (y^ Dorlcour.) N'est-ce pas vous qui vous êtes trompé vous-même?

88 M. DE BOULANVILLE.

DORICOUR.

Morbleu! tu me rends h toute ma colère, en me parlant de ta femme. Monsieur de Boulanville est le seul et unique neveu de mon ami, et c'est à lui que je donnerai ma fille.

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