SCÈNE III
LÉONARD, DORICOUR, HENRIETTE, Madame LÉONARD, Madame de VERROIS.
MADAME DE VERBOIS
Est-ce monsieur qui , peu content des renseignements qu'il a déjà pris sur monsieur de Roulanville, désirerait en avoir de nouveaux?
DORICOUR.
Oui, Madame.
MADAME DE. VERBOTS.
Monsieur, je suis bien votre très-humble servante. [Voyant Henriette^ Une jolie personne. (En soupirant.) Eh bien ! que vous a-t-on dit de monsieur de Roulanville?
DORICOUR.
On me l'a peint d'abord comme un homme honnête, bon.
MADAME DE VERBOIS
Il y a quelque chose de vrai.
DORICOUR.
Puis, comme un homme avide, personnel, sans grand génie.
:\IADAME DE VERBOIS.
C'est encore vrai.
C'est-à-dire que suivant madame, il mérite les deux réputations qu'on lui fait.
MADAME LÉONARD
Rref, monsieur ferait-il bien de lui donner sa fille?
90 M. DE BOULANVILLE.
MADAME DE VERBOIS
Plaît-il? Comment! expliquez-vous. Est-ce qu'il serait question de le maiicr à mademoiselle? Est-ce qu'il aurait voulu vous faire croire qu'il est amoureux de mademoiselle ? Voici bien autre chose. Monsieur , croyez à tout le mal qu'on vous en a dit ; mais cela ne se peut pas; il est épris d'une autre femme.
DOBICOUR.
On me l'a dit : dois-je le croire?
MADAME DE VERBOIS
Pourquoi dissimuler? cette autre femme, c'est moi.
DORICOUR.
Madame est apparemment cette parente , cette veuve....
MADAME LÉONARD
Qui, selon monsieur de Boulanville, est folle de lui.
MADAME DE VERBOIS
11 vous a dit cela ! l'impertinent ! il ne lui manquait plus que d'être fat. C'est lui , au contraire , qui m'a obsédée , tourmentée , persécutée , depuis que j'ai le malheur d'être veuve. Quand il n'y aurait pour preuve que la promesse de mariage qu'il m'a forcée d'accepter....
Une promesse de mariage !
MA.DAME LÉONARD
Il VOUS a fait une promesse de mariage ?
MADAME DE VERBOIS
Oui, madame : je saurai la produire, s'il est nécessaiie. Mon avocat dit qu'elle ne vaut rien : mais mon avocat est un imbécille; il y a des procureurs de par le monde. Les procès ne me font pas peur; je viens d'en