ACTE III, SCENE XV
Mon avocat soutient que la promesse ne vaut rien.... Nous ferions mauvais ménage.
BOU LAN VILLE
Eh bien ! ma tendre amie ?
MADA.ME DE VERBOIS
Comment dites-vous ? un dédommaf^ement de vinirtcinq mille francs ?
BOUL AN VILLE
Vingt-cinq?... Ai-je dit vingt-cinq?... Eh bien ! oui, ma chère parente , de vingt-cinq mille francs.
MADAME DE VERBOIS
Vous n'avez jamais eu le moindre égard pour moi , ôter votre ferme au vieux Bertrand , mon protégé , votre fermier depuis dix-huit ans! Quand je pense à un pareil trait, je suis tentée de reprendre ma colère. BOULAN VILLE, vivemeiit.
Non , ne la reprenez pas ; il n'y a encore rien de fait sur cet article ; il n'y aurait pas de temps à perdre, c'est demain qu'aux termes de l'acte je perds la faculté de me dédire. Voulez-vous que je rende la ferme à Bertrand, que je la retire à Duhoussaye , que je leur écrive à tous les deux. Moi je ne suis pas plus Tamj de l'un que l'ennemi de l'autre. Je ne tiens qu'à ne point renoncer à vous d'utie manière incivile, et à remplir les dernières volontés de mon oncle.
MADAME DE VERBOIS
Ah ! fripon , vous faites de moi tout ce que vous voulez.
Terminons; vous avez ma promesse?
MADAME DE VERBOIS
Oui. •
jio M. DE BOULANVILLE.
BouLAwviLLE, S asseyant pour écrire.
Eh bien! voilà des plumes, de l'encre. Ah! je vous regretterai.
MA DAM K DE VERBOIS
Commencez par la lettre à Duhoussaye; annoncezlui que vous retirez votre parole.
BOULANVILLE, écrwarit.
Soit : je le dédommagerai... je le lui promets, au moins.... Je lui marque qu'il peut envoyer reprendre chez moi le petit à-compte qu'il m'a donné sur le potde-vin convenu. Oh! je suis exact en affaires, moi. Je lui exprime mes regrets bien sincères de lui avoir donné de l'espoir.
MADAME D* VERBOIS
A la bonne heure. A Bertrand maintenant.
BOULANVILLE, écrivant.
Je vous entends; une lettre qui lui annonce que je lui rends la ferme?
MADAME DE VERBOIS
Que vous n'auriez pas dû lui ôter.
BOULANVILLE , Continuant d'écrire et cachetant les lettres.
C'est vrai. Femme vraiment estimable ! au milieu de vos chagrins personnels , songer aux intérêts des autres ! Car ce n'est certainement pas à cause des épingles qu'il vous a promises, que vous vous occupez si vivement de Bertrand.
MADAME DE VERBOIS
Fi donc! c'est par justice, c'est par humanité. A présent , le titre que vous m'avez promis. Vous entendez mieux les affaires que moi, vous ne voudriez pas me tromper; je m'f'n rapporte à votre probité, à votre