‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 93 sur 433 · ACTE III, SCENE XXIV. lai · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XXIV. lai

RAYMOND

Eh! messieurs, tout peut facilement s'arranger entre vous ; la ferme de Montigny que j'avais promise à Bertrand, je la donne à monsieur , sans épingles, sans pot-de-vin.

BOULANVILLE.

Eh bien ! tout est arrangé.

DUHOUSSAYE.

La ferme de Montigny '• joli morceau : voilà un honnête homme.

DORICOUR.

C'est vrai.

LÉONARD

Vous l'entendez , il fait du bien à tout le monde , tout le monde vous en dit du bien; tandis que les mêmes hommes tour à tour exaltent et humilient monsieur de Bouianville. C'est une bascule ; quand l'un hausse, l'autre baisse. Vous êtes tous d'accord; je vais vous le prouver. Monsieur de Bouianville, convenez que si mademoiselle n'avait pas de dot , vous en seriez bien moins amoureux; et que vous vous consoleriez facilement de ne pas l'épouser, si monsieur Doricour vous rendait la fortune de votre oncle le mauvais sujet.

BOULANVILLE.

Monsieur, voilà une question....

DORICOUR.

Répondez.

BOULANVILLE.

C'est difficile, parce que, lorsqu'il s'élève un combat dans le cœur....

Je vous devine, vous renonceriez à ma fille.

122 M. DE BOULANVILLE.

LÉONARD

Et VOUS, monsieur Raymond, n'est-ce pas que c'est de mademoiselle, et non de sa dot, que vous êtes épris, et que, sa fortune fût-elle réduite à rien, vous vous croiriez encore heureux de Tépouser ?

RAYMOND

Oui, sans doute.

DORICOUR.

C'est fort bien ; mais....

LÉONARD

Et vous , monsieur Doricour , n'est-il pas vrai que , s'il vous était démontré que le mariage de mademoiselle avec monsieur exposât son bonheur, vous feriez volontiers le sacrifice de la fortune dont vous êtes légataire ?

DORICOUR.

Moi ! ^

HENRIETTE

Oui, mon père m'aime trop pour hésiter.

DORICOUR,

Ma foi oui , j'en ferais le sacrifice; je ne veux pas être moins généreux que ma fille.

EOULAN VILLE.

Vrai? vous m'abandonneriez la fortune! (^ Raymond.^ Soyez heureux, jeune homme. {A Doricour.) Rendez-moi ma promesse, je retourne à madame de Verbois.

MADAME LÉONARD, vwemeiit , allant embrasser son mari.

Il est charmant , mon cher mari ; il faut que je l'embrasse.

LÉONARD, a sajemme.

Me reprocheras- lu encore de ne pas me mêler assez

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