‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 109 sur 391 · ANGÉLIQUE, JACQUINET, DUFLOS, MERCOUR · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE, JACQUINET, DUFLOS, MERCOUR

MERCOUR.

Tout-à-l'heure... Un moment... Mais n'est-ce pas ta fille qui vient à nous? Comment diable!.. Il est difficile d'être plus jolie !

DUFLOS

C'est ce que tout le monde me dit.

ANGÉLIQUE

Dupré m'a dit que vous me demandiez, mon père.

MERCOUR, a part.

Oh! l'aimable garçon que ce Dupré!

DUFLOS

Dupré ne sait ce qu'il dit : cependant il n'y a pas de mal, et je suis toujours enchanté de t'avoir auprès de moi; mais comment ta tante a-t-elle fait pour te quitter un seul moment?

ANGÉLIQUE

Dupré est venu lui apporter une gazette étrangère , et elle s'est enfermée pour la lire.

i36 LE CONTEUR.

MERCOUR, a part.

Profitons du moment où elle s'occupe des affaires étrangères pour avancer les nôtres.

DUFLOS

Ma chère enfant , c'est monsieur Ducastel , mon ancien camarade; il te trouve charmante. Je n'ai pu lui vanter, de science certaine, que les agréments de ta voix; et tu lui prouveras, j'espère, que je n'ai pas menti... [A Mercour^ Mais il faut auparavant que tu nous racontes tes amours; la présence de ma fille ne te gêne point , n'est-ce pas ?

MERCOUR.

Au contraire , je serai enchanté que mademoiselle soit de la confidence.

DUFLOS

De quoi diable t'avises -tu de devenir amoureux, à cinquante-six ans, avec une jambe de bois!

MERCOUR. '

Tu t'es bien marié, quoique aveugle, toi qui parles!

DUFLOS

C'est bien différent. C'est un trésor pour une femme qu'un mari aveugle; mais toi, quelle est la malheureuse qui peut vouloir de toi ? tu as deux yeux de trop, et une jambe de moins.

MERCOUR.

C'est une jeune brune, toute charmante.

DUFLOS

Allons donc, tu te moques de moi.

MERCOUR.

Je me moque de toi ! tiens , regarde son portrait, (// lui montre im portrait.)

DUFLOS

Eh ! qu'elle soit brune ou blonde , c'est la même chose pour moi; un aveugle peut-il juger des couleurs!

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