SCÈNE VIII
ANGÉLIQUE, madame BERTRAND, DUFLOS, JACQUINET, DUPRÉ.
(Jacquinet apporte les clefs , et Dupré de la lumière, j
madame BERTRAND.
C'est bon. Des sièges... (^On donne des sièges.^ Asseyez-vous, mademoiselle, et travaillez.
DUPRÉ
Monsieur, puisque monsieur de Florvel n'est pas encore arrivé , racontez -nous , comme à l'ordinaire, pour charmer les ennuis de la veillée , une de ces histoires que vous contez si bien.
î42 LE CONTEUR.
JACQUIWET.
Ah! oui, monsieur, une histoire?
DUFLOS
Volontiers, mes enfants.
MADAME BERTRAND
Allons , voilà mon frère avec ses éternelles histoires.
DUFLOS
Eh! mais, ma sœur, je vous laisse faire tout ce que vous voulez, laissez -moi faire aussi ce que je veux de mon côté. Ducastel, d'ailleurs, ne connaît pas l'histoire que je vais raconter.
MERCOUR.
Je serai ravi de l'entendre.
DUFLOS
Et vous aussi , ma sœur , j'en suis sûr.
MADAME BERTRAND
Allons , allons , parlez , monsieur Duflos , puisque vous ne pouvez vivre sans parler.
DUFLOS
Asseyez-vous tous , et écoutez. C'était à-peu-près vers l'an sept cent quarante-quatre. Mon père habitait ce château ; et moi j'y venais passer mes quartiers d'hiver. La hasard me fit rencontrer une jeune paysanne, d'une beauté!.... il me semble la voir encore ;de beaux yeux bleus... C'est une belle chose que de beaux yeux! Je n'en ai jamais si bien senti le prix que depuis que je n'ai plus les miens. Une taille élégante , un teint superbe , et des manières charmantes.
MADAME BERTRAND
Au fait, mon frère, vous me faites bâiller avec vos portraits. H
^Madame Bertrand baille ; Jacquùiet s'assoupit. Jeu muet de Mercour , d'Angélique et de Dupré. )