‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 115 sur 391 · ACTE I, SCENE VIII. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII. i

DIÎFLOS.

Comme de mon côté j'étais un assez joli garçon , je ne déplus pas à la belle. Un certain jour , vers le commencement du printemps, la veille de mon départ pour

l'armée

MADAME BERTRAND, à moitié endormie.

Quoi , mon frère , vous n'êtes encore qu'à votre départ! hélas! vous n'êtes pas près d'en revenir!

^An^èlique fait un geste pour joindre Mercour. Madame Bertrand la saisit par le bras et s'endort tout-a-Jait, en la tenant toujours par le bras. )

Un moment donc! je m'étais égaré avec elle dans la forêt. Ah ! que ne puis-je m'égarer de même aujourd'hui ! elle pleurait , et moi je la consolais de mon mieux. Trois hommes sortent d'un buisson voisin et fondent sur nous, le pistolet à la main.

% DUPRÉ

Trois brigands , je parie ? Voyageurs à dévaliser , tendrons à croquer, tout leur est bon. Prenez tout ce que vous pouvez prendre ; voilà nos principes , disentils. ( En disant cela , il s'approche de madame Bertrand, et lui enlevé les clefs de la maison, quelle porte a sa ceinture. ) Eh mais , monsieur , qu'allez-vous devenir ! leurs pistolets me font trembler.

DUFLOS

Tu vas voir , tu vas voir , Dupré. On est bien fort

quand on a sa maîtresse à sauver.

MERCOUR tirant légèrement le bras d' Angélique des mains de madame Bertrand, et mettant a laplace celui de Jacquinet.

Oh! oui, l'amour vous donne alors une force , une

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adresse , une témérité dont on serait pas capable en toute autre occasion.

DUFLOS

Je n'avais que mon épée ; je la tire; j'adosse ma jeune paysanne contre un chêne que mon bonheur me fait rencontrer : je me mets devant elle , et j'attends le feu des ennemis. Clic! un pistolet manque; zeste! je détourne le second avec mon épée : pan ! le troisième m'enlève une boucle de cheveux : et les brigands n'ont plus sur moi que l'avantage du nombre. Je les vois se consulter entre eux : les lâches ne savent s'ils doivent continuer le combat ou prendre la fuite. Je ne leur laisse pas le temps de respirer; je tombe sur eux comme la foudre.

MERCOTJR.

Ils prennent la fuite sans doute : c'est ce qu'on a de mieux à faire en pareille circonstance.

DUPRÉ

Sans doute : fuyez , fuyez , craigna^ le courroux du terrible Duflos.

( Pantomime d'Angélique qui insiste aux instances que lui font MeiTour et Dupré pow V emmener^

DUFLOS

Oui vraiment , ils prennent la fuite : les voilà partis. ( Dupré et Mercour entraînent Angélique presque malgré elle. )

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