ACTE III, SCENE Y
M YL AD Y
Heureusement , mon cher mylord , nous ne sommes plus dans le pressement de arriver bien vite, puisque ce monsieur il est pas tué.
SUZANNE, a Diiflos.
Vous , monsieur , vous voulez des chevaux ?
MADAME BERTRAND
Oui, sans doute, et tout de suite.
SUZANNE
Un moment , madame , un moment.
DUFLOS
Oh ! nous n'avons pas le temps d'attendre.
SUZANNE
Aussi , monsieur , vous n'attendrez pas. Eh ! Jacques , vite , vite , quatre chevaux et deux postillons.
MYLADY
Mylord, mon cher, donnez à moi la chaise, que je repose.
SUZANNE, à DufloS.
Monsieur ne serait-il pas un ancien militaire ?
DUFLOS
Et je le serais encore, si je ne m'étais trouvé trop près d'une batterie de canons, à la bataille de Fontenoi.
SUZANNE
Vous y étiez donc , monsieur ? J'entends dire à tout le monde que ce sont les français qui ont gagné la bataille, et je n'ai jamais pu savoir au juste.. . .
DUFLOS
Oh bien! puisque les chevaux ne sont pas prêts, je peux vous donner là-dessus des détails authentiques, approchez seulement un siège , et écoutez.
( // s'assied. ) Tome I. 12
SUZANNE, approchant un siège.
De tout mon cœur.
MADAME BERTRAND
Eh bien î ne voilà-t-il pas mon frère avec sa manie !
FLORVEL
Mais, si vous contez une histoire à chaque poste, nous ne rattraperons jamais votre fille. D u F L o s.
C'est en attendant les chevaux.
MADAME BERTRAND
Je m'en vais partir avec M. de Florvel , je vous en préviens , monsieur Duflos.
FLORVEL
C'est bien dit , partons.
MADAME BERTRAND, apercevant les papiers qui sont sur la table.
Quels sont donc ces papiers?
SUZANNE
C'est la gazette de Londres.
MADAME BERTRAND
Une gazette ! j'aurai bien le temps de la lire pendant que monsieur Duflos contera son histoire.
MYLADY
De London ! oh , vous ne lirez pas toute seule , madame; c'est pour moi une satisfaction fort grand que les papiers-nouvelles.
FLORVEL
C'est donc ainsi que nous partons, madame?
MADAME BERTRAND
C'est l'affaire d'un instant.
(^Elle s'assied et lit. )
FLORVEL
Dans quelle famille me suis-je fourré! la fille s'enfuit.