SUZANNE, DUFLOS, MERCOUR, DUPRÉ, MADAME BERTRAND
MADAME BERTRAND
Que dites-vous, monsieur Duflos? ma nièce est retrouvée? N'est-ce point encore une fausse nouvelle? Oîi est-elle? où est-elle?
Chut! madame, parlez bas; elle est là qui repose.
MADAME BERTRAND
Comment ! c'est ce coquin de Dupré , je crois !
DUFLOS
Oui, vraiment, c'est ce scélérat; il faut le faire pendre.
DUPRÉ
Doucement , doucement donc , monsieur; ne pendons personne , s'il vous plaît.
f84 LE CONTEUR.
DUFLOS
Comment malheureux! après avoir favorisé Tenlèvement de ma fille....
DUPRÉ
Moi ! ah , monsieur , avez-vous pu me croire capable d'une pareille action ? non , monsieur, vous ne le croyez pas.
MABAME BERTRAND.
Nous ne le croyons pas !
DUPRÉ
Non , vous ne le croyez pas. Ah ! que vous vous repentirez des ces odieux soupçons, quand vous saurez que c'est à moi, monsieur, que vous devez le retour de mademoiselle.
DUFLOS
A toi !
A moi, oui, monsieur, à moi. Je m'étais endormi tantôt, comme madame , pendant cette superbe histoire que vous racontiez. Je me réveille; on avait enlevé mademoiselle ; je prends un cheval... j'arrive à cette poste , tout en nage. Demandez à cette fille, monsieur, avec quelle chaleur j'ai pris des renseignements sur le cher objet que vous poursuiviez.
SUZANNE
Oui, oui, monsieur. Oh! c'est bien vrai. C'est un garçon précieux , dont vous ne sauriez trop payer le zèle.
DUPRÉ
Vous l'entendez, monsieur, je ne lui fais pas dire. Enfin, à une demi-lieue d'ici, j'entends un coup de pistolet , j'accours. .Te vois la chaise arrêtée. C'était