COMÉDIE EN UN ACTE ET EN PROSE
Représentée pour lu premitre fois le i-}. juillet 179^.
Une anecdote bien connue m'a donné l'idée de cette petite pièce. Un amateur de têtes et de festins guettait les noces dans ks paroisses, chez les notaires, les traiteurs, se mêlait aux deux familles , passant dans chacune pour un parent de l'autre , se mettait à table , découpait , faisait admirer son esprit et son appétit , chantait en 1 honneur des mariés, et, après s'être montré aussi infatigable à la danse qu'au repas, sortait sans être reconnu, et emportait l'estime des vieilles tantes et des jeunes cousines» Cette anecdote paraîtra vraisemblable à tous ceux qui ont assisté aux noces nombreuses de quelques bourgeois de Paris.
La pièce n'est qu'une esquisse- mais elle me paraît assez complète. Le dialogue est naturel, et les mœurs ont de la vérité.
La scène dans laquelle le jeune homme déclare son amour à sa cousine devant son aïeule rappelle une situation bien usée au théâtre, depuis la scène charmante du Malade imaginaire où Cléante et Angélique se parlent d'amour en présence d'Argan et des Diafoirus.
L'usurier, qui reconnaît un cousin véritable dans le prétendu cousin des deux familles, offre une rencontre plus heureuse que vraisemblable; mais elle est comique à la représentation.
A l'égard de la fausse opinion que le beau-père et le gendre futur cherchent à se donner de leur fortune, il ne faut pas crier à 1 invraisemblance. Plus dun père se fait plus riche qu'il n'est, pour bien marier sa fille; plus d'un jeune libertin compte sur la dot de sa prétendue, pour payer ses créanciers. Dans cette petite comédie, le piège se découvre la veille du mariage; dans le monde, il ne se découvre trop souvent que le lendemain. Tome I. l3
PERSONNAGES
Monsieur ALBERT, négociant.
Madame ALBERT, sa mère.
HENRIETTE, sa fille.
SINCLAIR, son neveu, amant de Henriette.
Monsieur ROBIN, prétendu de Henriette.
Madame DE LA GUIARDIÈRE, cousine de M. Robin.
Monsieur BERNARD, usurier.
DOUSTIGNAC, Gascon, son cousin.
Un garçon traiteur.
Plqsisv&s fAR^NTâ SES sxvx FAiviiiii.ss , persoDnages niuets.
La scène est à Paris , dans une promenade publique. On voit sur le côté la maison d'un traiteur . sur la porte duquel est écrit : Robert fait
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