‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 172 sur 391 · ALBERT , SEUL · texte numérisé non relu

ALBERT , SEUL

Les voici tous entrés. M. Bernard ne peut tarder. J'ai mieux aimé lui donner rendez-vous ici que chez moi. Une entrevue avec un homme qui a la réputation de prêter à gros intérêts est toujours suspecte. Personne encore ne sait que je suis ruiné, et forcé d'emprunter pour payer la dot de ma fille : ma foi , j'ai été fort heureux de rencontrer un brave homme comme M. Robin; sans lui je faisais banqueroute. Il donne dans le panneau avec une bonne-foi qui m'enchante , et s'imagine , comme tout le monde, que je suis aussi riche que je l'étais jadis. Fort bien ! me voilà tout-à-l'heure son beau -père, et alors toute sa fortune est à moi. Je remonterai mon commerce; et, en vendant mes marchandises en conscience , je pourrai me tirer

d'affaire. Voici M. Bernard : s'il s'avait ce que je veux faire de son argent , il se garderait bien de me prêter !

Page 1