‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 173 sur 391 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

BERNARD

Ma foi , c'est une terrible chose que le train des affaires d'aujourd'hui ! J'ai couru tout Paris pour avoir votre argent, je n'en ai pu trouver que la moitié; il faut attendre pour avoir le reste.

ALBERT

Attendre ! cela ne se peut pas : allons , mon cher M. Bernard , voyez à faire quelque chose pour moi.

BERNARD

Quand vous faut-il les vingt mille écus ?

ALBERT

Dans deux heures au plus tard.

BERNARD

Le terme est court ! N'importe , on tâchera de vous les procurer ; mais faisons nos conventions.

ALBERT

Eh bien ! voyons , parlez ; que demandez-vous ?

BERNARD

Oh ! rien que de fort simple ; vous me ferez un billet de soixante-dix mille francs; et si dans un an vous ne me l'avez remboursé , vous m'en paierez les intérêts sur le pied de six pour cent, comme cela se pratique. ALBERT, se récriant.

Ah!

BERNARD

Songez donc que je vous fais grâce d'une année d'intérêts. Et puis, parlez-moi franchement, M. Albert , cet argent-là ne manquera pas de fructifier entre vos mains ; je vous connais , vous êtes un rusé compère , et vous le ferez rudement travailler !

ALBERT

Eh! mais, vraiment, M. Bernard, je conviens qu'il ne passe pas dans les mains d'un sot, et que je n'en ferai pas un mauvais usage.

Page 1