Tome I. ik
BERNARD
Vovez-vous; un autre à ma place vous proposerait d'être de moitié dans l'emploi que vous en ferez ; mais moi j'ai la discrétion de ne pas me mêler de vos affaires.
ALBERT
Allons , il faut bien faire tout ce que vous voulez ; mais je puis compter sur vous : dans deux heures?
BERNARD
Dans deux heures. Où vous trouverai-je?
ALBERT
Ici ; je dîne chez Robert.
BERNARD
Chez Robert? Ah! oui , j'entends ; en partie fine.
Point du tout ; je suis là en famille.
BERNARD
Eh! oui, en famille. Le bon apôtre! Au surplus il n'y a pas de mal à cela ; vous faites bien de vous amuser , vous autres qui gagnez de l'argent.
ALBERT
Vous allez voir que vous n'en gagnez pas , vous qui parlez.
BERNARD
Moi? hélas! mon Dieu! on a bien de la peine à vivre, dans mon métier , quand on veut être honnête ! ALBERT, a part.
Le juif!
BERNARD
Malheureusement j'ai le cœur trop sensil^le ; tenez , j'ai pour tout parent , à Paris , un certain Doustignac , Gascon d'origine , fils d'un de mes oncles , par conséquent mon cousin -germain; un pauvre diable qui n'a que son esprit pour vivre, et à qui son accent fait