SCÈNE XV
ALBERT, ROBIN, DOUSTIGNAC , madame AL- BERT , MADAME DE LA GmARDIÈRE , SIN- CLAIR, HENRIETTE , toute LA NOCE.
DOUSTIGNAC.
Eh ! venez donc , venez donc , messieurs et mesdames , venez m'aider à mettre la paix parmi des gens qui se font la guerre sans savoir pourquoi.
MADAME ALBERT
Qu'avez-vous donc , monsieur Albert ?
MADAME DE LA GUIARDIÈRE
Expliquez -nous donc ce qui vous met en colère, monsieur Robin?
DOUSTIGNAC.
Eh ! non , eh! non, messieurs, point d'explication, embrassez-vous , et qu'il n'en soit plus question.
ROBIN
Moi , embrasser un homme qui m'accuse de mener une mauvaise conduite !
ALBERT
Moi, redevenir l'ami d'un homme qui ose concevoir des soupçons sur la vertu de ma fille !
MADAME DE LA GUIARDIÈRE
Accuser mon cousin Robin d'être un séducteur! je ne me possède plus.
DOUSTIGNAC.
Madame de La Guiardière !
MADAME ALBERT
Attaquer la vertu de ma petite-fille ! si je ne me ras-
pectais moi-même , je vous étranglerais , monsieur Robin.
DOUSTIGNAC.
Madame A.lbert!
siiycLAiR, a part.
Bon! voilà de quoi faire le quatrième couplet de ma romance.
ALBERT
Un fourbe !
DOUSTIGNAC.
Monsieur Albert!
ROBIlV.
Un imposteur!
DOUSTIGNAC.
Monsieur Robin !
ALBERT
Un libertin, un mauvais sujet!
Monsieur Albert!
ROBIN
Un homme ruiné , un père imbécille , qui se laisse mener par sa fille!
DOUSTIGNAC.
Monsieur Robin ! monsieur Albert ! Eh bien ! faut-il s'injurier de la sorte? Si vous ne vous convenez plus, pourquoi ne pas vous séparer de bon accord et sans bruit? Rien de si facile,
ALBERT
Vous avez raison. Au revoir, monsieur Robin.
ROBIN
Le conseil est fort bon. Votre serviteur, monsieur Albert.