‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 186 sur 391 · SCENE XVI. aaS · texte numérisé non relu

SCENE XVI. aaS

BERIN'ARD.

Eh! mais, je ne me trompe pas, c'est ce fripon de Doustignac.

ALBERTi

D'où le connaissez-vous ?

BERIVARD.

C'est le cousin gascon dont je vous ai parlé tantôt.

ALBERT

Lui? point du tout; c'est le cousin de M. Robin.

ROBIN

Mon cousin? vous vous trompez; c'est le vôtre.

ALBERT

Le mien ? je ne l'ai jamais vu.

ROBIN

Je vois sa figure pour la première fois.

ZM A D A M E DE LA G U I A R D I È R E.

Il était le cousin de tout le monde : il n'est plus le cousin de personne.

DOUSTIGNAC.

Si fait. Le besoin de la vérité m^étouffe. Si je suis le cousin de quelqu'un ici, c'est de M. Bernard; je le dé"clare hautement.

Eh 1 que diable ! êtes-vous venu me conter avec votre petite Cauchoise?

ROBIN

Et qu'est-ce que c'est que cette nécessité de mariage dont vous m'êtes venu parler?

DOUSTIGNAC.

Doucement , doucement , messieurs. Il se trouve que ,

sur quatre contes que je vous ai faits, deux se sont

trouvés des histoires véritables : vous devez me gronder

pour les romans, concedo; mais vous devez me remer-

Tomel. l5

cier pour les histoires ; et je vois d'ici Thémis , la déesse de la justice, qui pèse le tout dans ses balances, et m'avertit que les poids sont égaux. Quant au motif qui m'a déterminé à m'introduire parmi vous , le voici au net : j'ai toujours été amateur d'agréable société; et c'était pour avoir le plaisir de dîner.... de converser avec vous, que je me suis fait passer pour le parent des deux familles.

BERNARD

Fort bien. Mais tout ceci ne fait pas mon compte. Je ne me soucie plus de prêter à M. Albert ; mais je reste créancier de M. Robin , et j'ai une sentence par corps contre lui.

ROBIN, à madame de la Guiai^diere.

Une sentence par corps ! vous l'entendez , ma chère cousine ?

Écoutez -moi tous, gens de la noce; je m'établis ici le conciliateur général ; et sans avoir autrement de prétention au grade de prophète, j'ose vous prédire que tout le monde sera content. Commençons par vous , monsieur Robin. Vous sentez-vous d'humeur à épouser madame de la Guiardière, si elle consent à vous réconcilier avec vos créanciers ?

ROBIN

Ce sera moins par intérêt que par amitié.

DOUSTIGNAC.

C'est comme je l'entends. Et vous , madame de la Guiardière, vous sentez -vous d'humeur à payer les dettes du cousin, s'il consent à vous prendre pour épouse légitime?

MADAME DE LA GUIARDIÈRE

Eh! mon Dieu! toute ma fortune est à son service.

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