ACTE I, SCENE I. âSy
ROSE
Oh ! sans doute ; aussi moi je suis bien avertie ;
Et dusse -je rester fille toute ma vie,
L'homme selon mon cœur obtiendra seul ma main.
Mais cet homme, comment veux -tu qu'il soit enfin?
ROSE
Comment ?
Oui.
MARGUERITE
llOSÈ.
Des dehors de l'homme qu'elle épouse Mainte femme aujourd'hui se dit fort peu jalouse; Comme dans mon mari je veux voir mon amant. Je suis plus difficile , et je dis franchement Que je le veux bien fait, de bonne mine, aimable j Sur -tout brûlant pour moi d'un amour véritable. Qu'il soit soldat, marchand, artiste ou laboureur, A sa profession je veux qu'il fasse honneur. Son bien m'importe peu , le mien peut nous suffire.
De l'esprit qu'il en ait assez pour se conduire;
Mais que son cœur soit bon, sensible, généreux, Et sa maison toujours ouverte aux malheureux. Qu'à votre exemple enfin jamais il ne balance A faire autant de bien qu'il est en sa puissance.
MICHEL
Tu crois m'avoir gagné par ce beau compliment, Mais point du tout. Je vais te parler franchement. Tous les soirs nous traitons des objets d'importance, Nous parlons politique, et commerce, et finance; Vous autres , vous parlez d'amours , de sentiments ; Nous lisons des journaux , vous lisez des romans.
En hommes accomplis chaque roman abonde,
Mais ils sont, par malheur, fort rares dans le monde.
RIGOLOT
Michel sur ce sujet vraiment parle à ravir.
{^On frappe a la porte.^ Quelqu'un frappe, je crois.
ROSE
Restez , je vais ouvrir.