‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 238 sur 391 · MARGUERITE, ROSE, PAULINE · texte numérisé non relu

MARGUERITE, ROSE, PAULINE

MARGUERITE

Qu'elle est bien !

Les charmes , la douleur de la pauvre victime , De Prosper à mes yeux doublent encor le crime.

ROSE

Que parlez -vous de crime ? en honneur on s'y perd.

MARGUERITE, Ci part.

Le portrait à son cou! ciel! tout est découvert. Empêchons , s'il se peut , qu'il ne soit vu de Rose.

PAULINE

Excusez , je rougis des peines que je cause ; Mais avez-vous daigné...

MARGUERITE

Vous m'avez dit. Je sais.

Un homme de chez vous chargé de vos effets, Ce matin même doit passer par ce village , Et j'ai chargé quelqu'un de guetter son passage. ROSE, apercevant le portrait suspendu au cou de Pauline.

Ainsi vous attendrez... O ciel! que vois-je?

[A Rose.) Paix.

{A Pauline.) [A Rose.) Vous nous ferez plaisir. Chut !

ROSE , à part.

Je le reconnais.

MARGUERITE

(J Rose.) Gardez sur ce portrait le plus profond silence.

{A. Pauline.) Croyez que l'on chérit ici votre présence.

{A Rose.) Devant elle sur-tout n'allez pas vous trahir.

{A Pauline.) Plût à Dieu que long-temps on pût vous retenir!

{A Rose.) On veut les empêcher de se voir , et pour cause.

{A Pauline.) Comment va ce matin votre enfant?

PAULINE

Il repose.

MARGUERITE

Pauvre enfant ! n'est-ce pas qu'en vos cruels tourments Il vous console?

PAULINE

Ah! oui, chaque jour je le sens.

Page 1