‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 266 sur 391 · CLERMONT, DERVILLE · texte numérisé non relu

CLERMONT, DERVILLE

DERVILLE

Parbleu ! de ta visite Je te sais bien bon gré. Tu me vois transporté.

CLERMONT

Et moi donc, mon ami , je suis bien enchanté

Comme te voilà grand! quelle métamorphose!

DERVILLE

Je puis de toi, Clermont, dire la même chose. Dans le premier moment , moi , j'avais peine aussi A remettre tes traits. Toujours fort étourdi "*

CLERMOIVT.

Oh! je n'ai pas changé.

DERVILLE

Ni moi non plus.

CLERMO]>fT.

Ton père T'a laissé , m'a-t-on dit , riche propriétaire ? As-tu continué son commerce ?

DERVILLE

Non.

CLERMONT

Non!

Quel est donc ton état , en ce cas ?

DERVILLE

Aucun.

CLERMONT

Bon!

DERVILLE

Mon ami , j'ai du bien assez pour ne rien faire.

CLERMOÎVT.

Ah! je voudrais te voir penser d'autre manière;

Je ne te dirai pas ce qu'on a répété

Fort souvent , que le riche à la société ,

Comme le pauvre , doit son temps , son industrie ;

Que de plus , il n'est pas quitte envers la patrie ,

S'il ne fait de son bien un sage et bon emploi.

De ton seul intérêt je te parlerai , moi.

Tu jouis maintenant d'une grande fortune ,

C'est fort bien ; mais , dis-moi , mon cher , en est-il une

A l'abri d'un revers ? Je te prêche ; pardon !

Je ne suis pas venu pour te faire un sermon.

DERVILLE

Nous avons en effet à parler d'autre chose.

CLERMONT

Avec toi cependant il faudra que je cause

DERVILLE

Soit ; mais parlons de toi. Ton sort est-il heureux?

CLERMONT

Le plus heureux du monde.

DERVILLE

En vérité? tant mieux.

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