M A D A M E R O B E RT
Au cœur de mon cher fils cela fait que je pense.
Pour sa mère quels soins , quelle persévérance ! Aussi je fais au ciel bien des vœux aujourd'hui : Ces vœux, pour qui sont-ils? pour moipnon, mais pour lui: Avant de mourir, moi, tout ce que je souhaite C'est de le voir l'époux d'une femme parfaite.
SOPHIE
S'il ressemble au portrait que vous faites ici , Heureuse qui sera femme d'un tel mari.
MADAME ROBERT
Heureuse ! trop heureuse ! Et tenez , feu son père Etait de ces époux comme l'on n'en voit guère , Point gênant, point jaloux, sur-tout point curieux; Eh bien! ma chère enfant, le fils vaut cent fois mieux.
( Regardant du côté de la boutique. ) Mais nos hommes enfin se sont levés de table : Je m'en vais chez Guillaume , un vieillard respectable , Pauvre et chez qui mon fils fait porter tous les jours Un potage, un bouillon, enfin quelques secours.
SOPHIE
Comment! il trouve encor , presque dans l'indigence. Le secret d'exercer un peu de bienfaisance.
MADAME ROBERT
Oui vraiment. Ce n'est pas parce qu'il est mon fils . Mademoiselle, mais c'est un garçon d'un prix! Oh çà! dans la maison encor j'ai maint ouvrage.
SOPHIE
C'est moi qui veux ranger tout le petit ménage, .
MADAME ROBERT
Eh bien ! soit , clans l'instant je reviens.
{^Elle sort, emportant un petit poêlon couvert.^
SOPHIE
Les voici.
( Cleimont y Robert et Bonard sortent de la boutique et causent ensemble. ) SOPHIE, regardant Robert avec intérêt.
Il est honnête , humain , bon fils et bon aini. Votre mère a raison et je pense comme elle , Robert ; des bons époux vous serez le modèle.
i^Elle rentre dans la boutique. Clermont^ Bonajxl et Piobert s'avancent. )