‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 330 sur 391 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

Car en partant, monsieur nous fît à tous défense De rien solliciter. Il est fort singulier.

DORIVAL

Oui : vous le connaissez ?

MICHEL

Comme il est familier Avec ses gens , je sais à fond son caractère , Et peux vous en donner la connaissance entière.

DORIVAL

Je le crois; mais sur lui je ne veux rien savoir: Ma règle de conduite, à moi, c'est mon devoir.

C'est bien dit.

DORIVAL

Eh bien! donc, poursuivez, je vous prie: Vous dites donc qu'il a quelque bizarrerie?

MICHEL

Il est bizarre et bon : son cœur est un trésor.

DORIVAL

Il est veuf, il est riche, aimable et jeune encor. Parlons à cœur ouvert : il doit aimer les dames?

MICHEL

Un peu.

DORIVAL

N'aurait-il pas quelques brûlantes flammes?....

MICHEL

Cela se pourrait bien; mais il est si discret!

DORIVAL

Ah ! j'entends ; vous voulez lui garder le secret. C'est par un bon motif que je vous interroge; Je suis sûr qu'on n'en peut parler qu'avec éloge.

MICHEL

C'est vrai. Dans un fauboura il cherche un logement...

Pour qui ?

MICHEL

Je le saurai. N'en parlez pas, vraiment.

DORIVAL

Non, non

MICHEL

Comme il était galant dans sa jeunesse..

DORIVAL

Vous lui soupçonneriez encor quelque maîtresse ?

MICHEL

Je ne dis pas cela; mais

DORIVAL

En bon serviteur.

En tout cas, c'est à vous à cacher son erreur: Et d ailleurs c'est peut-être un trait de bienfaisance... Oh! moi, par-dessus tout, je hais la médisance; Mais nous nous reverrons; vous ne m'en voulez plus Pour ma réception?... D'honneur, je suis confus.

MICHEL

Ah! cro3^ez que Michel sait se mettre à sa place.

DORIVAL

Au rang de vos amis comptez-moi donc, de grâce.

MICHEL

Eh! point du tout, monsieur, je ne suis qu'un valet.

Aucune différence entre nous, s'il vous plaît.

( Ils sortent chacun d'un côté. )

FIJN' DU PREMIER ACTE

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