ACTE I, SCÈNE VII
Car en partant, monsieur nous fît à tous défense De rien solliciter. Il est fort singulier.
DORIVAL
Oui : vous le connaissez ?
MICHEL
Comme il est familier Avec ses gens , je sais à fond son caractère , Et peux vous en donner la connaissance entière.
DORIVAL
Je le crois; mais sur lui je ne veux rien savoir: Ma règle de conduite, à moi, c'est mon devoir.
C'est bien dit.
DORIVAL
Eh bien! donc, poursuivez, je vous prie: Vous dites donc qu'il a quelque bizarrerie?
MICHEL
Il est bizarre et bon : son cœur est un trésor.
DORIVAL
Il est veuf, il est riche, aimable et jeune encor. Parlons à cœur ouvert : il doit aimer les dames?
MICHEL
Un peu.
DORIVAL
N'aurait-il pas quelques brûlantes flammes?....
MICHEL
Cela se pourrait bien; mais il est si discret!
DORIVAL
Ah ! j'entends ; vous voulez lui garder le secret. C'est par un bon motif que je vous interroge; Je suis sûr qu'on n'en peut parler qu'avec éloge.
MICHEL
C'est vrai. Dans un fauboura il cherche un logement...
Pour qui ?
MICHEL
Je le saurai. N'en parlez pas, vraiment.
DORIVAL
Non, non
MICHEL
Comme il était galant dans sa jeunesse..
DORIVAL
Vous lui soupçonneriez encor quelque maîtresse ?
MICHEL
Je ne dis pas cela; mais
DORIVAL
En bon serviteur.
En tout cas, c'est à vous à cacher son erreur: Et d ailleurs c'est peut-être un trait de bienfaisance... Oh! moi, par-dessus tout, je hais la médisance; Mais nous nous reverrons; vous ne m'en voulez plus Pour ma réception?... D'honneur, je suis confus.
MICHEL
Ah! cro3^ez que Michel sait se mettre à sa place.
DORIVAL
Au rang de vos amis comptez-moi donc, de grâce.
MICHEL
Eh! point du tout, monsieur, je ne suis qu'un valet.
Aucune différence entre nous, s'il vous plaît.
( Ils sortent chacun d'un côté. )
FIJN' DU PREMIER ACTE