‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 331 sur 391 · DORIVAL, ARISTE · texte numérisé non relu

DORIVAL, ARISTE

ARISTE

Sommes-nous seuls enfin? .

DORIVAL

Oui.

ARISTE

Cette conférence , Pour moi comme pour vous, est de grande importance. Vos ouvrages m'ont fait penser de vous fort bien ; Je penserai de même après cet entretien , Je le crois ; répondez sans fausse modestie : On vous dit fort instruit dans la diplomatie?

DORIVAL

J'ai travaillé beaucoup, et peut-être avec fruit; Mais je n'oserais pas me dire fort instruit.

ARISTE

Quels seraient, selon vous , les talents nécessaires Dans un ambassadeur?.,. Voyons.

DORIVAL, en hésitant.

Dans les affaires, Avant tout , il lui faut de la dextérité.

ARISTE

Mais qui toujours s'accorde avec la probité.

DORIVAL

Sans contredit.

ARISTE

Après ?

DORIVAL

A la cour étrangère Près laquelle il réside il doit chercher à plaire.

ARISTE

Oui ; mais sans avilir jamais sa dignité ; Que du gouvernement par lui représenté Il fasse respecter le nom , le caractère.

DORIVAL

C'est ce que j'allais dire*: il doit d'une ame fîère Soutenir tous ses droits.

ARISTE

Oui; mais point de hauteur; Qu'à la franchise il mêle une aimable douceur; Et n'oubliant jamais que les hommes sont frères... DORIVAL, achevant la phrase du ministre. Qu'il cherche à prévenir les discordes, les guerres.

Fort bien : il doit savoir la population

Des différents pays

DORIVAL, continuant.

Leur situation, Les trésors, les moyens que chacun d'eux possède.

ARISTE

Eh bien donc! supposez qu'en Russie, en Suède, Vous soyez envoyé ; sur ces gouvernements , Sans doute, vous avez quelques renseignements?

DORIVAL, dont V embarras redouble.

Je me suis occupé sur-tout de l'Italie ;

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