‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 343 sur 391 · ACTE U, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE U, SCENE VIII

DORIVAL

Pour affaires, cousin, Vous venez à Paris?

ROBINEAU

Ma foi , je n'en ai qu'une.

Et quelle est-elle donc?

ROBINEAU

Je viens faire fortune.

DORIVAL

Ah! ah!

ROBINEAU

C'est un objet assez intéressant.

DORIVAL, a madame Dorlis.

Excusez.

MADAME DORLIS.

Il m'amuse.

DORIVAL

Il est divertissant.

ROBINEAU

C'est Pierre le roulier qui nous fit la remarque

Qu'à Paris vous aviez bien conduit votre barque.

Quand vous étiez petit , vous étiez si malin !

A coup sûr, disait-on, il fera son chemin.

Celui-là. Nous savions déjà de vos nouvelles;

Mais , ma foi , pour y croire elles semblaient trop belles.

Quand tout fut bien prouvé , mon père dit : Mon fils ,

Va trouver le cousin Dorival à Paris.

Tu seras bien payé des frais de ton voyage :

Peut-être feras-tu quelque bon mariage.

Je pars, et me voilà. Mais, madame, pardon.

Bon sang ne peut mentir, et voilà la raison

Qui fait que tout mon cœur devant vous se déploie.

Ce cher cousin! je suis si transporté de joie!

MA.DAME DORLIS.

Rien n'est plus naturel.

ROBINEAU

En deux mots, s^il vous plaît, Cousin , faire fortune est un si beau secret ! Vous qui le possédez , donnez-m'en la recette.

DORIVAL

Sois franc , modeste , honnête , et ta fortune est faite. Voilà tous mes secrets , cousin , en vérité. Tout le monde au pays est en bonne santé?

ROBIjVEAU.

Fort bonne, Dieu merci. La famille prospère. Bertrand vient d'épouser Javotte sa commère. Sa femme est déjà grosse, et compte bien, cousin, Que de son nouveau-né vous serez le parrain. Enfin, tout va des mieux, hors votre pauvre mère, Qui dit qu'il est bien dur d'être dans la misère , Et d'avoir un enfant riche couîme un Crésus.

DORIVAL, bas a Piobineau.

Tais-toi.

Que dit-il là ?

DORIVAL

Comment! ces mille écus Ne sont pas arrivés ? Vous me déchirez l'ame ! Eh, mais, concevez-vous un tel retard, madame' Ma pauvre mère, ô ciel! comme elle a dû souffrir.

MADAME DORLIS.

Oui vraiment, je le crois; il faut la secourir.

DORIVAL

Oui sans doute, il le faut. Il faut que je demande \u ministre un congé; la faveur n'est pas grande.

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