‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 353 sur 391 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Jamais : d'un vrai poëte ayons la dignité ; Quand il s'adresse aux grands, quoique bien«nérité, Tout éloge est suspect et sent la flatterie.

D OR IV AL

D'un enfant d'Apollon voilà bien le génie. i

Point de louanges , non ; quelques jolis couplets D'amour , de sentiments ?

CHARLES, regardant son papier.

Lorsque je les ai faits, Croyais-je que si tôt ils seraient vus de Laure?

DORIV AL.

Comment ! ce sont des vers ?

CHARLES

Oh! bien faibles encore.

DORIVAL

Eh! qu'importe? Bon Dieu! voilà tout ce qu'il faut. Donnez, vous en aurez des nouvelles bientôt. Une romance, au fond, est de peu d'importance; Mais ces riens-là souvent font plus que l'on ne pense : Des femmes par ces riens on gouverne l'esprit, Et les femmes toujours ont eu tant de crédit! Donnez.... Vous refusez ? vous en êtes le maître. Ecoutez , j'aspirais à vous faire connaître ; Vous ne le voulez pas ? Gardez donc vos couplets : C'était pour vous servir , au fond , que j'agissais.

CHARLES, hésitant.

Mais....

DORIVAL

Quoi ! je n'entends rien aux façons que vous faites.

CHARLES

Je ne sais si je dois....

DORIVAL, lui arrachant presque le papier.

Pauvre enfant que vous êtes!

Donnez cela ; je veux vous servir malgré vous ;

Votre père bientôt consentant à vos goûts

Mais je l'entends.

( Il serre le papier dans sa poche droite. )

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