‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 352 sur 391 · CHARLES, DORIVAL · texte numérisé non relu

CHARLES, DORIVAL

CHARLES, un papier a la main .

Encor ce Dorival !

( // veut sortir. ) DORIVAL, le retenant.

Pourquoi donc fuir le monde Ainsi , mon jeune ami ?

CHARLES

[^ part. ) Monsieur... Quel contre-temps!

DORIVAL

Je brûlais de vous voir, mon cher, depuis long-temps:

Comment gouvernons-nous les vers, la poésie?

Le cher Firmin, je crois, un peu nous contrarie.

Il a tort; vous avez un vrai talent déjà.

Si vous étiez connu... mais quoi ! cela viendra;

Et je parlais de vous encor ce matin même

A la mère d'Ariste : oui, déjà l'on vous aime

Sur ce que j'en ai dit.

46o MÉDIOCRE ET RAMPANT.

CHARLES

A quelle occasion ?

DORIVAL

Au bel-esprit elle a quelque prétention.

En l'honneur de son fils il faut bien qu'on la flatte.

Si de quelque manière adroite et délicate

Vous lui faisiez la cour ? Moi , je vous cherche exprès ;

Elle m'a pour ce soir demandé des couplets.

Or j'ai fait dans mon temps quelques pièces légères;

Mais mon esprit s'est bien rouillé dans les affaires :

Si c'était, non pas moi, mais vous qui les fissiez,

Cela serait charmant. Vous me les confiez ;

Je les lis, on en est charmé, l'on m'interroge;

JMoi , je nomme l'auteur en faisant votre éloge ;

Nous applaudissons tous à vos talents connus.

Et bientôt nous comptons un poëte de plus,

Fameux par ses écrits, ainsi que par ses armes.

CHARLES

Un pareil avenir , sans doute , a bien des charmes.

DORIVAL

Voilà pourtant le sort qui vous est réservé.

CHARLES, a part.

II me flatte; le fait ne m'est que trop prouvé. Mais que de la louange on sait mal se défendre! Malgré moi, je suis prêt à me laisser surprendre.

( Haut. ) Il faut donc pour ce soir....

DORIVAL

Un rien, une chanson, Où vous pourriez glisser sans affectation Quelques traits délicats à la gloire d'Ariste.

CHARLES

Que d'un ministre , moi , je sois panégyriste !

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