ACTE III, SCEÎsE IX
tJn cousin qui venait tout bonnement chez lui , Pour un petit emploi , réclamer son appui. Comme un mauvais sujet , l'hypocrite le chasse. Doutez encor qu'il soit au-dessous de sa place! Mais de son mauvais cœur soyez bien convaincu. Sa pauvre mère encor....
Il vous est mal connu :
Ce parent qu'il renvoie aux champs, en homme sage, Comblé de ses bienfaits, retourne à son village.
ARISTE
Avec lui Dorival s'est comporté fort bien.
LAROCHE
Comment !
ARISTE
Ma mère était présente à l'entretien.
FIRMIN
Laroche, écoutez moins vos projets de vengeance.
LAROCHE
Ferme! de Dorival prenez bien la défense.
FÎRMIN.
Il est absent; je dois être son défenseur.
ARISTE
Dans mon esprit , Firmin , ce trait vous fait honneur ; Dorival , je le gage , en eût agi de même A votre égard. Pour moi, c'est un bonheur extrême D'honnêtes gens ainsi de me voir entouré.
{^A Laroche.) Pour vous, de Dorival l'ennemi déclaré, On vous dit bon , sensible , et j'ai peine à le croire : Ce que j'ai vu de vous n'est pas à votre gloire.
LAROCHE
J'enrage..., Taisons-nous»
ARISTE
Et quant à Dorival, Je l'aime d'autant plus qu'on en dit plus de mal. Sur lui je sais déjà les projets de ma mère.
CHARLES
Comment !
ARISTE
Ils ne sont pas éloignés de me plaire. Et j'en ai d'autres, moi, sur vous comme sur lui, Que je vous confierai , Firmin , dès aujourd'hui. Je sors. Ne tardez pas à venir, je vous prie. Charles , vous cultivez , dit-on , la poésie : Ma mère , ce matin , m'a vanté vos talents. Je veux mêler aux siens mes applaudissements. Vous nous lirez vos vers ; et soyez sûr qu'Ariste Aime les arts au moins , s'il n'est lui-même artiste. Sans adieu, mes amis.
{Il sort.)