ACTE lY, SCENE III
J'ai fait le plus grand cas jusqu'ici de Firmin ; Cependant je commence à le croire un peu fin.
ARISTE
Tantôt vous me vantiez si fort sa bonhomie!
DORIVAL
Mais à ces bonnes gens faut-il que l'on se fie? De pièges , d'ennemis je suis environné.
ARISTE
C'est à tort que Firmin par vous est soupçonné. J'en réponds.
DORIVAL
Comme vous j'aimerais à le croire.
ARISTE
De Laroche en effet l'ingratitude est noire , Et faite pour vous rendre à ce point ombrageux. Mais s'il vous reste encor quelque doute fâcheux Sur Firmin, à l'instant, de votre erreur extrême Vous sortirez.
DORIVAL
Comment!
ARISTE
Vous l'allez voir lui-même.
DORIVAL
Ici Firmin!
Je r
ai vu.
ARISTE
Ici. Je me Tétais promis ;
DORIVAL
Bon!
ARISTE
Il vient souper avec son fils.
LAURE
Son fils'
MADAME DORLIS.
Charles Firmin?
Ce jeune militaire Dont vous m'avez tantôt vanté le caractère. Moi, je les ai priés à souper pour ce soir.
MADAME DORLIS.
Je me fais un plaisir de les bien recevoir.
ARISTE, a Dorwal.
Vous n'êtes pas fâché de les voir ?
DORIVAL
Au contraire.
MADAME DORLIS.
Pour moi , d'après le fils, j'aime déjà le père ; ' Et toi , Laure ?
LAURE
Mais c'est aussi mon sentiment.
A R I STE , <2 Dorival.
Vous vous expliquerez tous les deux franchement.
DORIVAL
Oh ! l'explication est fort peu nécessaire : A bien dire , toujours j'ai cru Firmin sincère ; Et si pour lui je fus injuste un seul moment , Je reviens avec joie au premier sentiment... Pour moi, je suis certain que l'amitié l'anime...
ARISTE
J en ai la preuve ; il a pour vous beaucoup d'estime , Et, quoiqu'il ne me fût connu que d'aujourd'hui, J'ai vu qu'il méritait...
L'éloge que de lui Tantôt je vous ai fait. Voilà mon caractère. Et l'envie à mon cœur fut toujours étrangère.