ACTE ly, SCENE III
ARISTE
Il réunit bon sens , esprit et probité , Et jamais on n'eut moins , je crois , de vanité. Il verrait sous le nom d'un autre son ouvrage Sans humeur, sans courroux!
DORIVAL
Vous croyez ?
ARISTE
Je le gage.
MADAME DORLIS.
Son fils, sur cet article, est un peu différent.
LAURE
C'est un jeune poëte, impétueux, ardent.
DORIVAL
A d'autres celui-là laisserait-il la gloire De ce qu'il aurait fait?
LAURE
Oh ! j'ai peine à le croire.
DORIVAL
En effet, à-la-fois et poëte et guerrier... Il est brave... Il est vif...
En sachant employer L'un et l'autre à propos , ils seront fort utiles.
DORIVAL
il m'est doux de vous voir chercher les gens habiles.
ARISTE
C'est mon devoir.
DORIVAL
Sans doute.
(Bas a madame Dorlis , tandis que le ministre paruoiirt le mémoire. )
Un mot : vous le voyez .
On craint que du travail vous ne me dérangiez. Si ce soir, par hasard , on chante ma romance, 'Ne me nommez pas.
MADAME DORLIS.
Non.
DORIVAL
JMéme , lorsque j'y pense , Si je priais quelqu'un de la société De s'en dire l'auteur... pour plus de sûreté?
MADAME DORLIS.
Gomment ! vous souffririez qu'un autre en eût la gloire?
DORIVAL
C'est un rien.
Je voudrais parcourir ce mémoire.
Mais on vient : ce sont eux.