ACTE lY, SCÈNE IV
Ah! dit Linval, s'il n'est plus d'espérance,
O mort! viens finir ma douleur.
Puissé-je au moins n'expirer qu'auprès d'elle,
En lui révélant mon amour!
Et je mourrai trop heureux, si ma belle
Donne une larme au troubadour.
MADAME DORLIS.
Mais comme c'est touchant! Laure s'est attendrie; Sur la fin du couplet sa voix s'est affaiblie.
LAURE
Oui; quel qu'en soit l'auteur, d'un véritable amant Ces couplets sont l'ouvrage.
Un pareil compliment Est bien fait pour flatter.
CHARLES, à paît.
Comment! il remercie!
DORIVAL, à Charles.
N'est-il pas vrai, mon cher?
MADAME DORLIS.
Pour moi je suis ravie.
DORIVAL
Ah, madame!
CHARLES
Monsieur....
DORIVAL
Que vous avais-je dit?
Succès complet.
CHARLES
Encor ?
ARISTE
C'est d'un fort bon esprit !
DORIVAL, a Firmin.
Vous voyez avec soin , j'ai gardé vos pensées.
F I R M I N , en souriant.
A peu de chose près je les vois là placées.
LAURE
Je ne sais qui des deux....
DORivAL, à Laure, en lui montrant Charles .
Doux moment pour l'auteur I
ARISTE
Ouvrage de talent!
UORIVAL.
C'est beaucoup trop d'honneur.
MADAME DORLis, relisant les deux derniers vers de la romance.
Et je mourrai trop heureux, si ma belle Donne une larme au troubadour.
i^A Dorival.) Dorival , c'en est fait , vous épouserez Laure.
CHARLES
Ciel!
LAURE
Quoi!
ARISTE
Je n'ai rien vu de plus parfait encore.
(^ yé demi-voix a Dorival. ) Dorival , vous aurez l'ambassade.
CHARLES
Ah, mon Dieu!
ARISTE
Oui, vous serez nommé, j'en 'réponds , avant peu. C'est d'un homme de bien ce que je viens de lire; 11 y règne d'ailleurs un talent que j'admire.
DORIVAL
Pardon, mais je ne sais si je dois accepter; Satisfait de mon sort....