ACTE IV, SCENE IV
MADAME DORLIS.
( Bas a Laure. ) Oui. N'allez pas nommer le véritable auteur.
Pour raison. Dorival accompagnera Laure.
DORivAL, prenant un violon.
Volontiers.
F I R M I N , a sonjîls.
Quelques vers bien négligés encore :
Mais la soif de rimer...
CHARLES
Avant que de porter Un jugement , mon père , il faudrait écouter, LAURE chante , et Dorival V accompagne.
Premier couplet.
Puisque l'orgueil pour jamais te sépare
De l'objet qui t'a su charnier, Jeune insensé, vois l'erreur tjui t'égare,
Et sans espoir cesse d'aimer.
Ainsi chantait au printemps de sa vie,
Linval, sensible troubadour, Qui ne pouvait offrir à son amie
Que ses chansons et son amour. ♦
MADAME DORLIS, en j^cgardant Dorival.
Ce couplet-là promet.
DORIVAL, en montrant Charles.
C'est à lui qu'il faut faire Un si doux compliment.
FI RM IN.
La pensée est vulgaire.
CHARLES
Mais elle est vraie, au moins !
ARISTE , occupé du mémoire.
Cette Introduction Est fort bien, et déjà fixe l'attention.
LAURE
Deuxième couplet.
Il n'ose pas révéler à sa belle
Le secret de ses tendres feux.
Linval se tait ; mais il est auprès d'elle ;
C'en est assez pour être heureux:
Quand tout-à-coup la fortune inhumaine
Exile au loin le troubadour.
Vous pouvez seuls bien juger de sa peine ,
O vous qui connaissez l'amour!
MADAME DORLIS.
Délicieux!
FI RM IN.
Pas mal.
DORIVAL
Vous avez le suffrage De tous vos auditeurs.
• J'aime fort ce passage.
Firmin, venez d^nc lire avec moi.
( Firmin va près du ministre , et lit avec lui le mémoire. )
MADAME DORLIS.
C'est divin!
DORIVAL, à Ariste.
Te dois beaucoup au moins, mais beaucoup à Firmin.
LAURE
Troisième co uplet.
Elle a cessé, cette cruelle absence ; Mais un autre aspire à son cœur.