DORIVAL, LAROCHE
DORIVAL, se croyant seul.
A mes vœux tout succède.
Un chagrin inquiet cependant me possède. Je ne tiens rien encore; et le père et le fils Sont là prêts à m'ôter ce que l'on m'a promis. Les éloigner.... comment? Ariste irréprochable! On ne gouverne point un homme raisonnable, Qui n'a rien à cacher, aucuns ménagements A garder, ainsi donc aucun besoin des gens. Ne lui pourrai-je enfin trouver quelque faiblesse?
LAROCHE, approchant.
Bon! j'y suis.
DORIVAL
Ah! c'est vous!
LAROCHE
Moi-même , qui confesse Que j'ai des torts.
DORIVAL
Ah! ah!
LAROCHE
Que je sens d'autant plus Que j'ai fait contre vous des efforts superflus.
DORIVAL
C'est fort heureux vraiment. Votre langue ennemie S'est déchaînée avec assez de perfidie.
LAROCHE
Il est trop vrai; je n'ose espérer mon pardon.
DORIVAL
Ah ! fort bien ; le malheur vous fait changer de ton.
Il faut que je renonce à cette grande place Que vous vouliez tantôt , ici , que j'acceptasse ; Mais au moins , en faveur d'une vieille amitié , Ne me nuisez pas.