‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 378 sur 391 · DORIVAL, LAROCHE · texte numérisé non relu

DORIVAL, LAROCHE

DORIVAL, se croyant seul.

A mes vœux tout succède.

Un chagrin inquiet cependant me possède. Je ne tiens rien encore; et le père et le fils Sont là prêts à m'ôter ce que l'on m'a promis. Les éloigner.... comment? Ariste irréprochable! On ne gouverne point un homme raisonnable, Qui n'a rien à cacher, aucuns ménagements A garder, ainsi donc aucun besoin des gens. Ne lui pourrai-je enfin trouver quelque faiblesse?

LAROCHE, approchant.

Bon! j'y suis.

DORIVAL

Ah! c'est vous!

LAROCHE

Moi-même , qui confesse Que j'ai des torts.

DORIVAL

Ah! ah!

LAROCHE

Que je sens d'autant plus Que j'ai fait contre vous des efforts superflus.

DORIVAL

C'est fort heureux vraiment. Votre langue ennemie S'est déchaînée avec assez de perfidie.

LAROCHE

Il est trop vrai; je n'ose espérer mon pardon.

DORIVAL

Ah ! fort bien ; le malheur vous fait changer de ton.

Il faut que je renonce à cette grande place Que vous vouliez tantôt , ici , que j'acceptasse ; Mais au moins , en faveur d'une vieille amitié , Ne me nuisez pas.

Page 1