ARISTE, LAROCHE, DORIVAL, FIRMIN, CHARLES, MADAME DORLIS, LAURE
LAROCHE
Madame, et vous Firmin, venez, unissons-nous.
MADAME DORLIS.
Pourquoi ?
LAROCHE
Pour consoler Ariste en sa disgrâce.
LAURE
Que dit-il ?
MADAME DORLIS.
Qu'est-ce donc?
LAROCHE
Il a perdu sa place.
LAURE
Grand Dieu!
DORIVAL
L'événement comme vous me surprend.
MADAME DORLIS.
J'étais loin de prévoir un malheur aussi grand.
CHARLES
Ainsi, sur cette terre injuste et corrompue. Le talent est proscrit, la vertu méconnue; L'honnête homme ne reste en place qu'un instant ,
5o6 MEDIOCRE ET RAMPANT.
Et du méchant lui seul le triomphe est constant.
ARISTE
Jeune homme , croyez-moi , le ciel est équitable , Le châtiment atteint tôt ou tard le coupable.
DORIVAL
Mais répondez; au moins de ce coup imprévu Connaît-on le sujet ?
LAROCHE
Il n'est que trop connu; Certain mémoire seul cause cette aventure.
FI RM IN.
Un mémoire! celui dont vous faisiez lecture?
DORIVAL
OÙ l'on se permettait de donner des avis,
Des conseils, qui sans doute auront été mal pris.
LAROCHE
Précisément.
DORIVAL
Eh bien! avais-je tort de dire Qu'il est des vérités que l'on doit s'interdire!
ARISTE
A remplir mon devoir je n'hésite jamais ;
Et de l'avoir rempli, quel qu'en soit le succès,
Je ne me repens pas.
Beau sentiment, sans doute; Elle était belle aussi la place qu'il vous coûte.
LAROCHE
Et tout n'est pas fini. D'autres perdront la leur; On sait trop qu'un ministre est rarement l'auteur Des ouvrages nombreux qui de ses bureaux sortent.
DORIVAL
Eh bien?