ACTE V, SCENE VIII. do
LAROCHE
Dans celui-ci comme tous les mots portent... FIRMI^^ Expliquez-vous.
LAROCHE
On veut savoir absolument Celui qui s'est permis cet écrit véhément.
DORIVAL
La disgrâce d'Ariste alors pourrait latteindre ?
LAROCHE
Mais , entre nous , on a tout sujet de le craindre.
DORIVAL
Ehl mais ce n'est pas moi.
FIRMIN
Moi seul en suis l'auteur.
Qu'entends-je ?
MADAME DORLIS.
Vous, Firmin!
FIRMIN
Moi,je m'en fais honneur.
LAROCHE
Là , que vous ai-je dit?
FIRMIN
Dé ce faible mémoire.
Sans honte , à Dorival j'ai pu laisser la gloire ; Je ne laisserai pas de même le danger : Ce danger , avec vous je dois le partager ; Tantôt j'ai pu me taire, à-présent je me nomme.
CHARLES
Bien , mon père. Voilà parler en honnête homme ; Et tant de modestie , avec tant de fierté , Voilà le vrai talent, voilà la probité.
^o8 MEDIOCRE ET RAMPANT.
Allez, votre disgrâce, Ariste , est honorable; Mon père n'a pu rien écrire de coupable; Et Laure à ce revers peut devoir le bonheur. Pour son hymen alors n'écoutant que son cœur , Si l'heureux Charle un jour peut enfin y prétendre...
MADAME DORLIS.
Charles ! que dites-vous ?
Son cœur sensible et tendre Prend à votre malheur un si vif intérêt !
ARISTE
Ainsi chacun de vous a trahi son secret. Firmin, puisque c'est vous qui fîtes ce mémoire. Recueillez-en donc seul et le prix et la gloire. Il honore à-la-fois votre esprit, votre cœur, Et le gouvernement vous nomme ambassadeur. Je suis ministre encore, et je m'en félicite, Puisque je puis ainsi payer le vrai mérite.
MADAME DORLIS.
Que dit-il ?
DORIVAL
Qu'ai-je fait?
ARiSTE,âf Dorwal.
Vous voilà donc connu, Homme fourbe en talent comme fourbe en vertu? Il m'a donc cru, le traître, à lui-même semblable!
LAROCHE
Comme il calomniait une action louable!
Car enfin j'ai tout su par elle et par Michel. Cette femme pour qui d'un amour criminel Il vous croyait atteint! elle est infirme, âgée. Par les soins du ministre elle est déjà logée. Et pour qui ces secours secrets et généreux ?