ENVELOPPÉS DANS LEURS MANTEAUX, VALCOUR
DORSiGNY NEVEU , donnant son manteau a Champagne. Eh ! bonjour , mon cher Valcour.
VALCOUR
Comment! c'est toi, Dorsigny? Par quel hasard te trouves-tu ici? Et pourquoi cet attirail, cette perruque, et cet uniforme qui n'est pas celui de ton régiment?
DORSIGNY NEVEU.
Par précaution. Je me suis battu avec mon lieutenant-colonel ; je l'ai blessé, et je viens me cacher à Paris. Mais craignant également d'être reconnu en frac ou avec mon uniforme, j'ai cru qu'il était plus sûr de prendre l'habit et la tournure de mon oncle ; je suis à peu près de son âge, nous nous sommes toujours beaucoup ressemblé ; même taille , même figure , même nom ; la seule différence , en un mot , c'est qu'il porte perruque , et que moi je porte mes cheveux. Mais depuis que j'ai pris sa perruque et l'uniforme du régiment dont il est colonel , je m'étonne moi-même de la ressemblance. J'arrive à l'instant, et je syis enchanté de te trouver exact au rendez-vous.
VALCOUR
Au rendez-vous? Comment? est-ce qu'elle t'aurait mis dans la confidence?
DORSIGNY NEVEU.
Qui, ^^"^
Tiens , mon ami , je n'ai rien de caché pour toi ; lis