ACTE 1, SCENE IL
ce billet que m'écrit une femme charmante.
{^11 lui donne le billet.^ DORSiGNY, NEVEU, Hant, Une femme charmante!
VALCOUR
De quoi ris-tu?
DORSIGNY NEVEU.
C'est moi qui suis la femme charmante.
VALCOUR
Toi?
DORSIGNY NEVEU.
Moi-même.
VALCOUR
Ah! parbleu, le tour est piquant. Pourquoi diable ne signes-tu pas tes lettres! Un homme d'un certain mérite qui reçoit un pareil billet se croit réservé aux galantes aventures, et point du tout.... Ah çà , mon clier, nous agissons sans façon ensemble; puisque c'esl toi qui m'as écrit, je te souhaite bien le bonsoir. (// veut sortir.)
DORSIGNY NEVEU, le retenant.
Mais écoute donc. J'étais bien aise de te voir avant toutes mes autres connaissances, pour prendre avec toi des mesures relatives à mon duel. J'ai besoin de crédit, de recommandation.
Eh bien! tu peux compter sur moi; mais j'ai des affaires importantes....
DORSIGNY NEVEU.
Que tu négligeais pour un rendez-vous galant, mais dont tu te souviens quand il s'agit de me rendre service.
VALCOUR
* Point du tout, mais on m'attend.
DORSIGNY IVEVEU.
Ou?
VALCOUR
Aux Bouffons.
DORSIGNY NEVEU.
Grande affaire!
VALCOUR
Ne plaisante pas; je vais y trouver la sœur de ton lieutenant-colonel précisément. J'ai tout pouvoir sur elle , je lui parlerai de toi.
DORSIGNY NEVEU.
A la bonne heure; mais fais-moi le plaisir, en t'en allant, d'avertir ma sœur, madame de Mirville, qu'on l'attend au salon , sans dire surtout que c'est moi.
N'aie pas peur; comme je suis fort pressé , je vaie le lui faire dire sans la voir : je me réserve d'ailleurs l'occasion de faire plus ample connaissance avec elle. J'aime trop le frère pour ne pas adorer la sœur, pour peu qu'elle soit jolie, (^11 sort.^