SCÈNE IV
CHAMPAGNE, PREMIER GARDE, DORSIGNY l'oncle, second garde, LORMEUIL, UN POSTILLON.
LE POSTILLON, ivre.
Ah çà! messieurs, quand partons -nous, s'il vous plaît ? voilà une heure que mes chevaux sont là-bas les bras croisés; ils ne sont pas faits pour attendre, entendez-vous ?
DORSIGNY l'oncle.
Quel est cet homme-là?
PREMIER GARDE
C'est le postillon qui doit vous conduire.
6o ENCORE DES MÉNECHMES.
LE POSTILLON
Ah ! ah ! c'est vous qui partez , mon capitaine. Parbleu! vous n'aurez pas fait un long séjour à Paris; vous arrivez ce soir , et vous partez cette nuit.
DORSIGNY l'oncle.
Et comment sais-tu....
LE POSTILLON
Est-ce que ce n'est pas moi qui vous ai conduit tantôt à la petite porte de cette maison ? Vous voyez que j'ai fait bon usage de votre argent. J'ai ça de bon , que , quand on me donne pour boire , je remplis scrupuleusement les intentions du fondateur.
DORSIGNY l'oncle.
Qu'est-ce que tu veux dire ? tu m'as conduit , moi ?
LE POSTILLON
Oui , vous , et parbleu , voilà votre valet qui courait devant vous. Bonsoir, luron. C'est lui qui m'a confié sous le secret que vous étiez un capitaine qui veniez de Strasbourg à Paris incognito.
DORSIGNY l'oncle.
Et tu soutiendras, maraud, que c'est moi....
LE POSTILLON
. Oui , c'est* vous qui répétiez tout haut , le long de la route : Ma charmante cousine , ma chère Sophie. . . Ah !. . . Eh bien! vous ne vous en souvenez pas?
CHAMPAGNE
Ce n'est pas moi qui le lui fais dire , messieurs.
Allons , il est écrit que j'irai à Strasbourg , pour les péchés de mon neveu.
PREMIER GARDE
Eh bien! monsieur....