‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 58 sur 391 · ACTE III, SCENE XL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XL

CHAMPAGNE

C'est le diable qui le ramène.

DORSIGNY NEVEU.

A peu près. C'est Valcour.

MADAME DORSIGNT.

Comment ! c'est mon mari ?

Qu'il est heureux pour moi de ramener au sein de sa famille un neveu.... {Apercevant Dorsignj îieveu.) Comment , te voilà ? ( ^ Dorsigny l' oncle. ) Eh ! qui donc êtes-vous, monsieur?

DORSIGNY LONCLE.

Son oncle, monsieur.

dorsigjVY neveu a Valcour.

Mais explique-moi donc par quel hasard!....

VALCOUR

Mais explique -moi -le toi-même ; j'apprends qu'on vient d'expédier un ordre pour te renvoyer à ta garnison. Après mille peihes, j'en obtiens la révocation; j'atteins bientôt la chaise de poste où je croyais te trouver, et je trouve en effet....

DORSIGNY l'oncle.

Votre serviteur, pestant, jurant contre un maudit postillon à qui j'avais donné de l'argent pour me mener doucement, et qui me menait un train de diable. valcour.

Ton oncle ne juge pas à propos de me détromper ; la chaise retourne vers Paris; et me voilà.... J'espère, mon ami , que tu n'as pas à te plaindre de mon zèle.

DORSIGNY NEVEU.

Bien sensible , mon ami , à tout ce que tu as fait pour moi ; je suis seulement fâché de la peine que tu t'es donnée.

DORSIGNY l'oi^CLE.

M. de Valcour, mon neveu n'a peut-être pas pour vous toute la reconnaissance que vous méritez, mais, en revanche, comptez sur la mienne,

MADAME DORSIGNY.

Mais vous n'étiez donc pas parti pour la Russie ?

DORSIGNY l'oncle.

Et que diable voulez-vous que j'aille faire en Russie ?

3IADAME DORSIGNY.

Mais cette mission importante dont vous avez dit à Champagne que vous étiez chargé par le gouvernement?

DORSIGNY l'oncle.

Ah ! c'est encore M. Champagne qui m'avait chargé de cette ambassade ? Je le remercie de m'avoir avancé si vite dans le corps diplomatique. M. Gaspard, vous avez dû trouver mon billet chez vous ; je serais bien aise que le contrat pût être signé cette nuit.

LE NOTAIRE

Rien de plus aisé , monsieur ; nous allions y procéder , malgré votre absence.

DORSIGNY l'oncle.

C'est fort bien : on se marie quelquefois sans son père ; mais comment se marier sans le futur ?

MADAME DORSIGNY.

Le voilà , le futur ; c'est mon neveu.

DORSIGNY NEVEU.

Oui, mon cher oncle, c'est moi....

DORSIGNY l'oncle.

Mon neveu est un fort joli garçon ; mais il n'aura pas ma fille.

Et quel est donc le futur ?

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