SCÈNE XII
CHAMPAGNE, madame DE MIRVILLE, DOR- SIGNY NEVEU , VALCOUR , DORSIGNY l'oncle , madame DORSIGNY , SOPHIE , monsieur DE LORMEUIL ET SON garde.
LORMEUIL, Cl Doi'signj V oncle.
Ah! c'est donc vous, monsieur, qui envoyez votre oncle à Strasbourg , à votre place ? cela ne se passera pas ainsi.
DORSIGNY l'oncle.
Ah çà ! si tu veux absolument te battre , bas-toi contre mon neveu, et non pas contre moi.
Eh quoi! c'est vous! et comment se fait-il que vous soyez revenu si promptement?
DORSIGNY l'oncle.
Remercie M. de Valcour , que son amitié pour mon neveu a fait courir après moi.
DORSIGNY NEVEU.
Eh! mais, M. de Lormeuil , je ne vous conçois pas;
nous nous étions séparés si bons amis... ne m'aviez-vous pas vous - même , tantôt , cédé tous vos droits sur la main de ma cousine ?
DORSIGNY l'oncle.
Non pas, non pas; ne comptez pas là -dessus. Ma femme , ma fille , ma nièce , mon neveu se réuniraient en vain , je n'en démordrai point.
LORMEUIL.
M. Dorsigny , je suis enchanté de vous voir de retour d'un voyage que vous ne faisiez que malgré vous ; mais nous aurons beau dire , nous aurons beau faire , nous n'empêcherons pas mademoiselle d'aimer son cousin.
DORSIGNY l'oncle.
Je n'entends rien à tout cela, moi; je n'aurai pas fait venir Lormeuil de Toulon à Paris pour qu'il s'en retourne garçon.
DORSIGNY NEVEU.
Mon oncle , on pourrait arranger les choses de façon que M. de Lormeuil n'eût pas fait un voyage inutile... Demandez à ma sœur.
Moi? je n'ai rien à dire.
LORMEUIL.
Eh bien! c'est moi qui parlerai. M. Dorsigny , votre nièce est libre ; au nom de l'amitié que vous voulez bien m'accorder, employez tout le crédit que vous pouvez avoir sur elle pour l'engager à réparer votre manque de parole.
DORSIGNY l'oncle.
Comment! vous vous marieriez.... C'est le fripon de Champagne qui paiera pour tout le monde.
CHAMPAGNE
Que le ciel me foudroie tout-à-l'heure , monsieur , si