‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 84 sur 391 · SOEUR EUPHÉMIE, MONSIEUR BELFORT, LA TOURIÈRE · texte numérisé non relu

SOEUR EUPHÉMIE, MONSIEUR BELFORT, LA TOURIÈRE

(M. Belfort et Euphémie sont sur le devant de la scène; la tomiere est assise dans lejbnd.)

MONSIEUR BELFORT

JlLnfin, ma chère Euphémie , on ne peut pas disputer des goûts; tu aimes mieux un couvent qu'un mari; eli bien! t'y voilà. Mais, à ta place, moi, j'attendrais encore pour prononcer mes derniers vœux. Nous savons d'où provient cet excès de ferveur; mon fripon de fils...

s CE U R EUPHÉMIE.

Croyez, M. Belfort, que je désire bien sincèrement le retour de votre fils pour vous , mais non pour moi ; j'ai trouvé dans cette maison un asyle que je ne veux jamais quitter; ma vocation est parfaitement décidée, et... vous ne recevez toujours pas de nouvelles?... monsieur belfort.

De mon fils ? non ; il court le pays , sans doute , sous la conduite de M. Frontin, son digne valet. J'ai peutêtre été un peu trop sévère à son égard, j'en conviens; mais le drôle m'en punit assez depuis deux ans qu'il me

io4 LES VISITANDINES.

laisse clans rinquiétude; cependant je ne désespère pas encore de le revoir; que sait-on? il m'a peut-être écrit à Nevcrs. Il ne sait pas qu'une prétendue vocation t'a fait entrer dans cette maison , et que moi , par amitié pour toi, j'ai laissé à Nevers mon état, mes malades, pour venir m'etablir dans la ville voisine , où , grâce au ciel et à mon faible mérite, j'ai mis tous les habitants dans la fantaisie de ne pas se faire enterrer par d'autres que par moi. S'il revenait?

SOEUR ElIPHÉMIE.

Croyez encore une fois, mon cher tuteur, que son retour ne changerait rien à ma résolution ; de grâce , laissons cela.

MONSJETJU BELFORT.

Allons, n'en parlons plus, y A la Touriere.^\ ons dites donc, ma sœur, que madame l'abbesse n'est pas encore visible ?

LA. TOURIÈRE

Non , M. le docteur : madame aurait désiré que vous vinssiez un peu plus tard ; il doit nous arriver , ce matin , une novice d'un couvent étranger à qui les médecins ont conseillé de prendre l'air de ce pays.

MOIN'SIEUR BELFORT

Eh bien je reviendrai; je verrai en même temps

toutes mes autres malades. Je m'enfuis; car toute la

ville m'attend. Bonjour , mon Euphémie ; sans adieu ,

ma sœur. {Le docteur sort , la touriere le reconduit

et rentre dans le couvent^

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