ACTE II, SCÈNE III. io
force de le cacher aux autres , mais je ne puis me le cacher à moi-même , c'est l'absence de son fils qui m'a conduite ici. i^EIle tire un portrait de son sein.) Ce portrait ne sert qu'à nourrir ma douleur. Je trahis mon devoir en le conservant , et je n'ai pas la force de m'en séparer.
JIR.
O toi dont ma mémoire A conser\é les traits, Hélas! a-t-on pu croii'e Qu'ici je t'oublierais ?
Maljjjré ta perfidie, Trop coupable Belfort, La trop laible Eupliémie Voudrait te voir encor.
Reviens, reviens, et je brise ma chaîne; Ton absence en ces lieux seule a pu m'entraîner;
Elle est ma seule peine, Et mon plus grand désir est de te pardonner.
(^Grégoire sonne h la grille.) On sonne, cachons ce portrait. Fuyons... Ah! combien la solitude m'est chère! ce n'est que quand je suis seule que je puis causer avec lui.
{Elle cache le portrait et sort.)