SCÈNE III
LA TOURIÈRE, GRÉGOIRE, RELFORT, en
RELIGIEUSE
[Grégoire donne le bras a Belfort. Il sonne plus fort.)
LA TOURIÈRE, traversant le théâtre.
Eh bon Dieu! bon Dieu! quel train! on dirait que le feu est au couvent. Attendez, on y va, on y va. Ah! c'est vous Grégoire ?
loG LES VISITANDllNES.
GRÉGOIRE, derrière la grille.
Moi-même, ma sœur, et pas seul, comme vous voyez; c'est la sœur Séraphine que je vous amène.
LA TOURIÈRE, ouvrant la porte.
Ah ! comme elle paraît douce et aimable ! Entrez , entrez, ma sœur. {Belfort et Grégoire passent dans la partie intérieure.^
GRÉGOIRE
C'est une sœur faite tout exprès pour le couvent.
LA TOURIÈRE
Vous étiez attendue ici avec impatience ; voulez-vous bien permettre, ma sœur? (Elle l'embrasse.) BELFORT, adoucissant sa voix.
Bien volontiers , ma sœur.
LA TOURIÈRE
Je cours avertir madame l'abbesse. Mais asseyez-vous donc, de grâce. Eh bien! comment vous trouvez -vous à-présent ?
BELFORT
Beaucoup mieux, depuis que je suis ici.
LA TOURIÈRE
Ah , ma sœur ! vous êtes tombée ici dans une maison... Je crois que le Seigneur a pour elle une prédilection particulière. Toutes nos sœurs sont si vertueuses , si méritantes! ce n'est pas que je les regarde comme parfaites. Par exemple, sœur Sainte -Anne est bavarde, sœur Joséphine est coquette, sœur Augustine fait la prude... Moi, qui vous parle, je suis d'une étourderie, d'une vivacité... mais on se passe mutuellement ses petits défauts. Sœur Euphémie encore...
BELFORT
Sœur Euphémie... et quel est son défaut à elle?