M A D V AI O 1 S E L I . E V E R N 0 N
Et pourquoi donc mon cœur ne parlerait-il pas comme le votre? Pourquoi nous autres, jeunes personnes....
VERNOTi.
Nous autres jeunes personnes! enfin tu ne peux pas t'en déshabituer.
MADEMOISELLE VERNON
Non, je ne le peux pas, et je ne le veux pas. N'estil pas reconnu clans la ville que vous courtisez madame Senneville ?
VERNON
Je l'estime beaucoup, véritablement; mais je rie crois pas qu'on puisse....
MADEMOISELLE VERNON
De la discrétion! et puis, vous craignez Riflard.
VERNON
Ni son épée , ni ses galanteries, ne sont faites pour m'effrayer; je ne pense pas à madame Senneville. Nous sommes engagés à dîner demain chez elle avec madame Guiberl et sa fille.
MADEMOISELLE VERNON
Oh! Je n'irai pas. C'est bien assez de me trouver ce soir avec elles à l'assemblée chez madame Senneville. Mademoiselle Guibert, un enfant qui fait la grande personne, et madame Senneville qui fait encore la jeune. C'est celle-là qui bien certainement est mon aînée.
VERNON
Tout comme tu voudras. Ces deux étrangers en seront.
MADEMOISELLE VERNON, tOUtC radlCUSC,
En seront! en vérité?
VERNON
Cela change la thèse, n'est-ce pas? et tu viendras.
t66 LA PETITE VILLE.
A propos, il est temps, je crois, que nous nous occupions de nos affaires , de notre partage ; moi , je ne veux pas avoir de procès avec toi.
MADEMOISELLE VERNON
Comment ! est-ce que je suis majeure ?
VERNON
A trente-cinq ans ! Tâche donc de te guérir de cette manie de jeunesse.
MADEMOISELLE VERNON
Et vous, de cette manie de procès.
VERNON
Crois-tu que ce soit pour mon plaisir que je plaide ? Si l'on me demande, je reviens tout-à-l'heure; je ne vais que chez mon huissier directement.