‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 117 sur 389 · M A D V AI O 1 S E L I . E V E R N 0 N · texte numérisé non relu

M A D V AI O 1 S E L I . E V E R N 0 N

Et pourquoi donc mon cœur ne parlerait-il pas comme le votre? Pourquoi nous autres, jeunes personnes....

VERNOTi.

Nous autres jeunes personnes! enfin tu ne peux pas t'en déshabituer.

MADEMOISELLE VERNON

Non, je ne le peux pas, et je ne le veux pas. N'estil pas reconnu clans la ville que vous courtisez madame Senneville ?

VERNON

Je l'estime beaucoup, véritablement; mais je rie crois pas qu'on puisse....

MADEMOISELLE VERNON

De la discrétion! et puis, vous craignez Riflard.

VERNON

Ni son épée , ni ses galanteries, ne sont faites pour m'effrayer; je ne pense pas à madame Senneville. Nous sommes engagés à dîner demain chez elle avec madame Guiberl et sa fille.

MADEMOISELLE VERNON

Oh! Je n'irai pas. C'est bien assez de me trouver ce soir avec elles à l'assemblée chez madame Senneville. Mademoiselle Guibert, un enfant qui fait la grande personne, et madame Senneville qui fait encore la jeune. C'est celle-là qui bien certainement est mon aînée.

VERNON

Tout comme tu voudras. Ces deux étrangers en seront.

MADEMOISELLE VERNON, tOUtC radlCUSC,

En seront! en vérité?

VERNON

Cela change la thèse, n'est-ce pas? et tu viendras.

t66 LA PETITE VILLE.

A propos, il est temps, je crois, que nous nous occupions de nos affaires , de notre partage ; moi , je ne veux pas avoir de procès avec toi.

MADEMOISELLE VERNON

Comment ! est-ce que je suis majeure ?

VERNON

A trente-cinq ans ! Tâche donc de te guérir de cette manie de jeunesse.

MADEMOISELLE VERNON

Et vous, de cette manie de procès.

VERNON

Crois-tu que ce soit pour mon plaisir que je plaide ? Si l'on me demande, je reviens tout-à-l'heure; je ne vais que chez mon huissier directement.

Page 1