SCÈNE IV
DESROCHES, DELILLE, Madame GUIBERT.
DESROCHES
Madame, nous venons, mon ami et moi....
MADAME GUIBERT
Je sais, messieurs; je vous attendais avec impatience.
DESROCHES
Vous nous attendiez?
MADAME GUIBERT
Quand , au soin d'établir ses enfants comme il faut , se joignent des affaires aussi désagréables , une pauvre veuve est bien à plaindre; n'est-il pas vrai , messieurs?
DESROCHES
C'est la vérité, madame. Nous venions....
Convenez aussi que ce monsieur Vernon est un chicaneur comme il n'en existe pas.
DESROCHES
Ah ! je vous en réponds , madame. (A Delille.) Estce qu'elle saurait déjà mon aventure avec la sœur de monsieur Vernon ?
DELILLE
Tu le mériterais bien. (Haut.) Par quel motif croyezvous que nous venons dans votre maison ?
MADAME GUIBERT
Mais pour m'aider de vos conseils dans cette maiheureuse affaire avec cet impitoyable plaideur.
DELILLE
Quand nous aurons l'avantage d'être connus de vous , Tome J H l3
uj4 LA PETITE VILLE.
nous ne vous refuserons pas certainement nos bons
offices.
DESROCHES
Et sur-tout contre ce ridicule Vernon, pour lequel je vous conseille d'avance de n'avoir aucun égard, aucune pitié.
DELILLE
Mais nous ne sommes pas des gens de loi.
Qu'est-ce donc que ce François est venu me conter ?
DESROCHES
Nous sommes deux Parisiens qui voyageons pour notre plaisir et pour notre instruction.
DELILLE
Et qui, sur la réputation méritée dont jouit dans toute l'Europe la ville que vous habitez, nous sommes empressés d'y venir passer quelques instants.
DESROCHES
Pour en observer le site et les monuments
DELILLE
Pour y jouir sur -tout de tous, les agréments de la bonne société qu'elle renferme.
DESROCHES
Munis de lettres de recommandation pour les principaux habitants....
DELILLE
Nous ne pouvions manquer d'en avoir pour madame Guibert,
Daignez donc lire cette lettre de monsieur votre frère;